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preparatory:AB 180646

Fournier Jean-René · Ständerat · Wallis · Fraktion CVP-EVP · 2012-12-10

Wortprotokoll

J'interviens ici pour soutenir la proposition de la minorité, pour les raisons suivantes.

Tout d'abord, vous avez pu lire à de nombreuses reprises maintenant que le tourisme, notamment dans les régions de montagne et les régions périphériques, a beaucoup souffert ces deux dernières années en perdant en pourcentage de nuitées des proportions importantes de son marché, notamment celui qui trouve son origine dans la zone euro. On parle ici d'environ 20 pour cent de chute des nuitées ces dernières années. Vous vous rappelez aussi que le tourisme, comme d'ailleurs d'autres branches exportatrices bien sûr, a subi une hausse du franc de 30 pour cent ces dernières années et que lorsque l'on se trouve confronté à un tel handicap, il est extrêmement difficile d'y faire face par des moyens ordinaires. Or, si c'est la zone euro qui nous pose le plus grand problème à cause de la force du franc, c'est en dehors de la zone euro qu'il faut démarcher la clientèle, notamment au Brésil par exemple, en Turquie ou sur les marchés asiatiques. Et c'est exactement ce que propose Suisse Tourisme dans l'action qu'elle désire mener pour contrecarrer cette chute vertigineuse des nuitées, notamment dans les régions de montagne.

Alors bien sûr, on a aussi entendu dans cet hémicycle qu'il ne s'agit pas ici de donner 12 millions de francs supplémentaires, parce qu'en fait il s'agit d'un programme de 36 millions de francs sur trois ans; on a entendu dire que si l'on devait cette année décider d'une tranche de 12 millions, les yeux fermés, l'année prochaine, on viendrait nous dire qu'on est obligé de voter les 12 autres millions de francs puis encore la dernière tranche, parce que finalement c'est un paquet cohérent et qu'il ne faut pas le saucissonner en tranches de 12 millions de francs.

D'abord, je vous rappellerai quand même que c'est le Parlement qui est compétent en matière budgétaire. Ensuite, je retourne leur argument contre ceux qui combattent cette proposition, qui disent qu'il faut attendre jusqu'au mois de juin de l'année prochaine, où une étude nous donnera le résultat atteint par les actions déjà entreprises ces dernières années par Suisse Tourisme: justement, au mois de juin, soit ces études confirmeront que les montants investis en faveur de Suisse Tourisme ont porté leurs fruits, qu'effectivement ils ont rapporté 360 millions de francs de chiffre d'affaires en plus - comme on l'a vu déjà dans certains documents qui circulent - et ont permis une augmentation conséquente des nuitées et alors, à ce moment-là, on jugera du bien-fondé de cet investissement et on décidera certainement, compte tenu des effets positifs, de poursuivre ces investissements à l'avenir; soit l'évaluation qui en sera faite sera mitigée, voire négative et, à ce moment-là, on aura toute la liberté de stopper le processus, de ne pas réinvestir pour les années qui viennent encore deux tranches de 12 millions de francs.

Il n'en demeure pas moins que si aujourd'hui nous n'adoptons pas cette proposition de minorité et que nous privons Suisse Tourisme de cette manne qui lui permet de démarcher sa clientèle hors de la zone euro et que finalement, au mois de juin, les résultats de l'étude sur les montants déjà investis s'avèrent positifs, mais que l'on a perdu ou qu'on n'a pas saisi l'opportunité de démarcher cette nouvelle clientèle hors de la zone euro - une nouvelle clientèle qui peut et qui va profiter à notre tourisme -, eh bien on n'aura pas pris de mesures de précaution suffisantes. C'est la raison pour laquelle je dis qu'investir aujourd'hui 12 millions de francs, et non pas 36, pour démarcher la clientèle hors de la zone euro, dont notre tourisme a absolument besoin, est une prise de risque nécessaire si l'on considère les montants que l'on doit attribuer à d'autres activités, à juste titre: sans vouloir critiquer ces activités, on vient de parler de la "Schoggi-Gesetz" et des millions dépensés ces dernières années pour cette activité d'exportation, eh bien je pense que l'effort qui est demandé aujourd'hui n'est pas un effort exagéré, mais que surtout il est extrêmement bien ciblé et absolument nécessaire pour notre branche touristique.

Pour cette raison, je vous demande d'adopter la proposition de la minorité Stöckli.