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Hodgers Antonio · Nationalrat · 2012-12-12

Hodgers Antonio · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2012-12-12

Wortprotokoll

Lorsque l'on parle de l'armée suisse, il y a une clarification primordiale à faire: notre armée est-elle avant tout une institution de défense nationale ou une institution de préservation de nos traditions et de nos cultures? Autrement dit, le débat politique doit-il porter sur les dangers réels qui menacent la Suisse aujourd'hui et les moyens pour y faire face ou sur la sauvegarde d'une armée de milice, facteur de cohésion et d'intégration nationale, dont l'objectif principal serait la perpétuation de valeurs historiques et démocratiques?

Soyons clairs: les valeurs démocratiques et la cohésion nationale sont des sujets dignes d'être défendus. Cependant, si tel est l'objectif principal, il y a lieu de se poser la question s'il ne peut être atteint avec des moyens plus modestes que les 5 milliards de francs annuels aujourd'hui consacrés à l'armée. Par ailleurs, si l'on parle d'histoire, de culture et de traditions, il faudrait mener ce débat au sein de la Commission de la science, de l'éducation et de la culture en lien avec le département de Monsieur le conseiller fédéral Burkhalter et non pas celui de la défense nationale de Monsieur le conseiller fédéral Maurer.

Par contre, si l'on s'intéresse réellement aux questions de sécurité nationale, le débat doit porter sur les menaces potentielles en cette première moitié du XXIe siècle. N'importe quel analyste militaire sérieux vous dira que les probabilités d'une attaque conventionnelle par voie terrestre ou par voie aérienne sont aujourd'hui réduites pratiquement à zéro au coeur d'une Europe pacifiée. Cependant, d'autres risques existent. Je pense ici à la cyberguerre, au renseignement, au terrorisme, à la protection des installations sensibles - ambassades, centrales nucléaires, noeuds de transport, télécommunications - ou encore aux catastrophes naturelles et les épidémies. Le maintien d'une armée de masse de près de 100 000 ou 120 000 hommes, essentiellement affectés à l'infanterie, l'artillerie et les blindés, n'est pas de nature à répondre à ces risques nouveaux. Dans son rapport personnel sur la sécurité suisse, Monsieur Pierre Maudet, libéral-radical et capitaine à l'armée, évoque le chiffre de 20 000 hommes comme étant suffisant pour remplir les véritables missions de sécurité.

Dans ce cadre, nous pensons que le service militaire obligatoire n'a plus raison d'être. Cependant, renoncer à l'obligation de servir ne veut pas dire renoncer à un service militaire non professionnel. Il serait simplement volontaire, avec, comme aujourd'hui, des corps composés d'officiers professionnels et un corps plus important composé de volontaires avec des contrats de plus longue durée.

Nous pensons que c'est cela l'armée du XXIe siècle. C'est cette armée dont notre pays a besoin pour satisfaire les missions modernes d'une sécurité moderne. Par conséquent, nous vous recommandons d'accepter cette initiative populaire.