Bugnon André · Nationalrat · 2012-12-12
Bugnon André · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2012-12-12
Wortprotokoll
Je déclare tout d'abord mes intérêts. Comme Monsieur Poggia - il s'est exprimé hier -, je suis simple soldat. Je n'ai donc pas de casquette de colonel à porter, comme dans la chanson de Brel, où ce brave colonel attend dans "fort de Belonzio qui domine la plaine d'où l'ennemi viendra", qui le fera héros. L'ennemi ne viendra jamais, il ne sera jamais héros, mais il aura quand même servi son pays pour ce qui est de la sécurité.
Il ne fait aucun doute que le Groupe pour une Suisse sans armée - son nom l'indique d'ailleurs - n'a qu'un objectif: c'est justement celui de supprimer l'armée suisse. Comme il n'y arrive pas directement, il le fait de façon indirecte, en déposant cette initiative populaire pour supprimer l'obligation de servir et pour la remplacer par un engagement volontaire, tant dans le service militaire que dans le service civil. C'est donc un premier pas qui va dans le sens de la suppression de l'armée.
Pourquoi doit-on maintenir une sécurité armée? Cela a déjà été dit par beaucoup de mes préopinants. Il y a selon moi deux éléments importants pour assurer notre sécurité et notre survie. Le premier élément est la sécurité alimentaire. En effet, si la population n'a plus rien à manger, il n'y a pas grand-chose d'autre qui fonctionne. Pour assurer la sécurité alimentaire, il faut une agriculture indigène digne de ce nom, qui permet justement, en cas de dégradation de la situation internationale, de nourrir la population.
Le deuxième élément, qui est aussi très important, c'est la sécurité militaire. Un dicton dit que dans un pays qui n'a pas d'armée, c'est toujours l'armée d'un autre pays qui arrive. Cela montre bien que s'il n'y a pas quelqu'un pour assurer notre sécurité, cela donne des envies à quelqu'un d'autre de venir. Donc le deuxième élément pour assurer la paix, sa tranquillité, sa sécurité, c'est la sécurité armée.
Le projet de supprimer l'obligation de servir va évidemment conduire à une diminution de la force armée et à une diminution de notre sécurité. Ceux qui, hier, ont dit que la situation et les risques actuels ne sont plus ceux de 1950 ont tout à fait raison. D'ailleurs, l'armée suisse s'est adaptée à cette évolution au niveau du renseignement, ou en matière d'interventions pour la guerre urbaine. J'ai ainsi vu des entraînements de notre armée de milice. Elle fait des choses extraordinaires. Il faut bien sûr continuer de travailler dans ce sens-là, à savoir améliorer encore le plus possible nos services de renseignement, améliorer notre matériel et notre formation contre le risque de guérilla et en relation avec les contraintes de la guerre moderne.
Mais il faut maintenir une armée de base pour assurer notre sécurité. C'est clair! Quelqu'un a dit: "Ce n'est pas un pays voisin qui va nous envahir." Bien sûr que nous n'allons pas être envahis par un pays voisin. Ce n'est plus le cas maintenant, mais il faut voir ce qui se passe maintenant sur le plan international. On ne peut pas garantir une paix éternelle - on sait très bien qu'on ne vit pas dans un monde de paix -, un monde d'amour et de paix, même si ce serait souhaitable. Et on voit tout ce qui se passe au sud de la Méditerranée, voire plus loin, où des mouvements radicaux, ou extrémistes, prennent de plus en plus le pouvoir. Cela démontre bien qu'on n'a aucune garantie d'avoir une sécurité à long terme. Et qu'est-ce qui donne justement une certaine garantie? C'est la présence armée, c'est le fait que les pays européens ont justement une sécurité armée qui retient d'éventuelles personnes de vouloir profiter de notre naïveté pour envahir les pays européens et la Suisse en même temps.
Et, dans ce cadre-là, le premier rôle que joue l'armée, c'est un rôle de dissuasion - elle joue donc parfaitement son rôle; et puis son deuxième rôle, en cas de perturbation de la situation internationale, c'est celui d'assurer notre défense et notre sécurité.
Il faut donc rejeter toutes les propositions de minorité et soutenir la proposition de la majorité, à savoir recommander au peuple et aux cantons de rejeter cette initiative populaire.