Burkhalter Didier · Bundesrat · 2015-05-06
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2015-05-06
Wortprotokoll
C'est la politique: nous cherchons toutes et tous et toujours à avoir raison, nous aimerions toutes et tous avoir raison et surtout au bon moment. Ici, au nom du Conseil fédéral, j'aimerais remercier chaleureusement la commission, et en particulier ses rapporteurs, pour avoir eu raison. Pour la question du moment, c'est un peu plus délicat.
La motion vise en effet à renforcer le réseau et cela au moment même où nous devons faire des économies sérieuses. Il y a donc collision entre deux mondes, entre deux réalités, entre deux nécessités. Le Conseil fédéral est conscient d'une part de l'importance du réseau extérieur pour la Suisse et pour les Suissesses et les Suisses, et d'autre part de la nécessité de faire des économies.
Le réseau extérieur, c'est une partie de notre patrie, c'est la Suisse dans le monde. Vous avez évoqué des régions, des pays, comme tout à l'heure le Pérou, où vous avez pu voir le réseau extérieur au travail. Dans beaucoup d'endroits, c'est identique à ce que vous avez expérimenté ici ou là. Si vous regardez ce qui s'est passé en particulier ces derniers jours au Népal, vous voyez ce petit bout de notre patrie qui continue à travailler sous des tentes, malgré la catastrophe humaine, terrible que connaît ce pays. Ces petites étoiles de notre patrie existent partout, au service des Suissesses et des Suisses et de la Suisse.
Le réseau extérieur doit aussi évoluer. On ne peut pas le faire évoluer toujours aussi vite qu'on voudrait, mais on cherche à le rendre aussi flexible que possible en fonction de l'évolution du monde, des besoins de notre pays et des économies à faire. Un réseau flexible doit rester malgré tout largement universel. Nous ne visons pas cette universalité pour avoir absolument partout des représentations, mais parce que notre pays est indépendant, neutre, un pays qui ne fait pas partie de grandes alliances et parce que le pendant en quelque sorte à cette forte volonté d'indépendance est précisément une ouverture sur le monde, qui se matérialise aussi par un réseau aussi universel que possible.
Le réseau doit donc être cohérent et efficace. Ces dernières années, il y a eu toute une série de mesures pour essayer de réduire les coûts, en étant plus efficaces. Il y a eu la création des centres consulaires régionaux; il y a la coopération [PAGE 701] avec d'autres Etats et des fournisseurs privés, aussi dans le domaine consulaire; il y a l'adaptation, en fermant ici et en ouvrant ailleurs des représentations, en fonction d'une pondération des nombreux intérêts qui sont à la base du fait de tisser un réseau aussi large que possible; il y a eu le développement des ambassades intégrées, qui va se poursuivre ces prochaines années, et qui permet de mieux marier les différentes spécificités et cultures du réseau - et cela ne va pas de soi, mais c'est très nécessaire; et puis il y a la colocation, par exemple de représentations avec d'autres Etats, que nous cherchons à développer, ici ou là, lorsque cela est possible et souhaitable.
Avec toutes ces réformes, qui sont déjà en grande partie faites, certaines devant encore être poursuivies un moment, il y a des potentiels d'économie, qui ont été largement utilisés. Un développement du réseau, par exemple dans les pays émergents, n'est plus possible sans des fermetures ailleurs. On se retrouve donc dans la situation où, si on veut véritablement développer le réseau dans un endroit, il faut accepter de fermer ailleurs des composantes du réseau.
Cette motion est donc en soi justifiée, mais - il y a un grand mais - la situation actuelle des finances fédérales ne permet pas une allocation de moyens financiers supérieure. Et c'est pourquoi, bien que nous partagions l'essentiel des positions de la majorité de la commission, le Conseil fédéral ne peut pas soutenir la motion dans les circonstances actuelles.