preparatory:AB 186126
Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-05-05
Wortprotokoll
Sans surprise, le groupe socialiste est favorable à cette révision de la loi sur le service civil, une révision qui propose des adaptations qui apportent une réponse au développement de cette sorte de service, dont le succès est grandissant parmi les jeunes de notre pays. Meilleure efficacité, amélioration de l'information, efforts dans la formation, élargissement des possibilités d'affectation résument les principales adaptations que l'on retrouve dans cette révision.
Aux affectations bien connues dans le service civil, soit la santé, le service social, la culture, la protection de la nature et de l'environnement, l'entretien du paysage et des forêts, l'agriculture, la coopération au développement et l'aide humanitaire, l'aide en cas de catastrophe et de situation d'urgence, le Conseil fédéral propose d'ajouter l'instruction publique, de l'école enfantine au degré secondaire II. A cela deux raisons: premièrement, le succès du service civil impose de trouver des places à un nombre toujours plus grand de civilistes; deuxièmement, le domaine de l'enseignement paraît être clairement un lieu approprié au service civil. Il ne s'agira pas d'enseigner, mais d'aider, de seconder, de décharger les enseignants de certaines tâches de surveillance lors des récréations par exemple, lors de camps de vacances, dans des travaux de conciergerie ou dans les cantines scolaires.
D'aucuns prétendent que cette proposition est inacceptable, notamment sous prétexte qu'on risque de voir dans l'enseignement des emplois être confiés à des civilistes. Il n'en est aucunement question, c'est clair. J'ai pour ma part plutôt l'impression qu'on s'émeut à droite à l'idée d'imaginer notre jeunesse, nos adolescents en relation avec de jeunes civilistes; ces jeunes qui se posent des questions, qui ne souhaitent pas adhérer sans broncher aux fondements les plus conservateurs de notre Etat. C'est la peur d'une confrontation des idées, la peur d'une contagion des valeurs. En fait, ces jeunes civilistes souhaitent simplement contribuer autrement à la vie en société, soit par leur engagement au service des autres et de la société.
Un autre sujet chaud concerne la question de savoir quand un jeune peut demander son affectation au service civil. Pour le groupe UDC, ce moment doit être fortement limité, soit jusqu'à six semaines avant le début de l'école de recrues ou à la fin de celle-ci, pour autant qu'aucun service d'avancement ne soit prévu. Cela ne va pas. Le choix du service civil est un droit que chaque citoyen peut exercer si, en raison de ses convictions religieuses, éthiques, personnelles, il ne souhaite pas effectuer le service militaire. Accepter la proposition de la minorité I (Fehr Hans) à l'article 16, c'est décréter qu'une morale personnelle est forgée et figée définitivement à 19 ou 20 ans, que l'être humain ne peut pas évoluer dans ses valeurs et ses convictions. La vie militaire peut se révéler intolérable pour un jeune; pour un autre, une rencontre philosophique, un choix existentiel différent peut n'avoir lieu qu'à 25 ans. Il faut en rester au principe actuel et laisser l'opportunité de déposer une demande en tout temps dans le respect de la personne, de ses choix, de ses valeurs.
Cette révision crée les bases d'un renforcement du service civil et représente une réponse adéquate aux nouveaux défis rencontrés, essentiellement à la question de l'accroissement du nombre des civilistes, avec comme réponse l'élargissement des possibilités d'affectation, en l'occurrence dans le domaine de la formation.
Le groupe socialiste entrera en matière sur le projet et soutiendra les différentes propositions progressistes qui vous seront soumises.