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Berger Michèle · Ständerat · 2001-12-11

Berger Michèle · Ständerat · Neuenburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2001-12-11

Wortprotokoll

Tout le monde est d'accord: le programme d'armement 2001 n'est pas en phase avec les conclusions du rapport sur la politique de sécurité 2000. Ces dernières insistent sur le changement de nature de la menace et de la perspective d'un conflit classique entre grandes puissances sur notre continent. Le programme qui nous est présenté s'inscrit dans une logique de guerre froide qui est totalement dépassée et la situation géostratégique actuelle n'est pas prise en compte. Déjà le rapport Brunner, qui date de 1998, nous disait: "L'analyse de la situation et des menaces doit avoir comme conséquences une adaptation et un changement de notre politique de sécurité qui toucheront l'armée. Cela veut dire réduction des effectifs et des [PAGE 950] armements classiques et investissement dans des directions tenant compte des menaces actuelles." "La dignité de la Suisse passe d'abord par une capacité d'analyse autonome", disait-il encore. Cette capacité d'analyse autonome doit passer par le fait d'admettre que la Suisse doit faire face, comme tous les pays, à des phénomènes mondiaux comme la criminalité organisée, le terrorisme, la dissémination sauvage d'armes nucléaires, biologiques, chimiques et électroniques, ainsi que des flux migratoires. Ainsi, la menace, aujourd'hui, n'est plus la même qu'hier, il est donc impératif d'adapter l'armée aux défis de demain. Elle doit prendre en compte l'apparition d'armes nouvelles, qui ne visent pas tant à la destruction massive qu'à la paralysie et à la désorganisation de la société.

Dans le programme d'armement qui nous est présenté, si l'acquisition d'un complément de l'équipement des avions de combat F/A-18 pour permettre une meilleure protection du ciel suisse se justifie au regard des conflits internationaux de ces dix dernières années, tels la guerre du Golfe, celle du Kosovo ou la guerre en Afghanistan, où l'on a pu remarquer que ces conflits ont toujours débuté par une attaque aérienne en vue d'une destruction massive d'objectifs au sol, il en va tout différemment des missiles Rapier Mark 2 et de la munition intelligente. Pour les premiers, on va les stocker pendant vingt ans sans les utiliser; quant à la munition intelligente, elle ne répond pas à la problématique de la nouvelle menace. Concernant les chars de dépannage, je ne comprends pas très bien pourquoi la Suisse ne s'aligne pas sur l'Allemagne. Personnellement, je m'interroge encore sur le coût des systèmes de surveillance: 80 millions de francs pour huit systèmes, la simple arithmétique nous donne un système pour 10 millions de francs pour surveiller environ 600 mètres! Quelle est la durée de vie de ces systèmes? Est-ce le meilleur choix?

Le renvoi de l'objet à la commission se justifierait pleinement, cependant il n'a aucune chance de réussir. C'est pourquoi je ne le proposerai pas. Par contre, j'appuierai la proposition de minorité Béguelin, pour marquer ma volonté de changement dans les orientations des choix du matériel d'armement. C'est donc davantage un vote électrochoc qu'un vote qui va épouser toutes les thèses de M. Béguelin.