Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2015-09-10
Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2015-09-10
Wortprotokoll
Comment ne pas se soucier de ce que l'on va mettre sur le marché suisse? Comment fermer les yeux sur la surpêche et la déforestation? Comment osez dire aujourd'hui que nous ne le savons pas?
En gros, j'ai l'impression que certains aimeraient plutôt dire qu'ils ne veulent pas le savoir, car le fait de savoir les obligerait moralement à modifier leur comportement, et ils n'ont rien à faire de ce qui se passe chez les autres. Le problème, c'est que ce qui se passe chez les autres aura aussi des implications un jour chez nous; nous ne pourrons pas dire alors que nous ne le savions pas.
Prenons l'exemple du bois. Nous avons des forêts que nous avons de la peine à exploiter car les coûts d'exploitation sont élevés. A la place d'encourager la consommation de bois local, on préfère laisser importer du bois dont on ne connaît pas la provenance. Ainsi, nous provoquons une concurrence déloyale avec nos propres ressources qui, elles, sont gérées de manière durable. Expliquez-moi où est l'intérêt de notre économie?
Même Monsieur Grin - qui n'est malheureusement pas dans la salle, mais je me ferai un plaisir de lui transmettre mon texte - a demandé dans une motion que soit obligatoirement mentionné, sur l'étiquette de composition des produits agroalimentaires, le fait que ceux-ci contiennent de l'huile de palme, afin que les consommateurs disposent d'une bonne information.
La loi demande aux différents acteurs concernés par ces matières sensibles du point de vue environnemental - on peut penser au soja, au bois, à l'huile de palme ou aux poissons -, dans un premier temps, de s'organiser par branche. Si ce n'est pas possible, la Confédération va encourager des conventions par branche. Et, enfin, si et seulement si cela ne marche toujours pas, le Conseil fédéral pourra imposer le respect de labels internationaux déjà existants. Le Conseil fédéral ne pourra pas inventer des standards sortis de nulle part. D'autre part, lorsque l'on parle de standards, ce sont vraiment des standards minimums qui ne contiennent pas des objectifs impossibles à atteindre. La preuve en est que de nombreuses entreprises ont déjà adopté ces standards sans que cela mette en péril leur activité économique.
On le voit bien, la balle est dans le camp de l'économie. On ne peut pas faire une loi plus libérale que cela. L'alternative serait de ne pas avoir de loi, et là, ce serait l'anarchie. Nous ne sommes pas des anarchistes, nous sommes des libéraux progressistes, et c'est dans ce sens que nous soutiendrons les différentes propositions de majorité et de minorité allant dans ce sens.