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Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2015-09-10

Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2015-09-10

Wortprotokoll

Les différentes propositions de minorité à l'article 10e visent à supprimer la nécessité d'informer les citoyens de manière objective sur la protection de l'environnement, l'état des nuisances et bien d'autres problématiques qui touchent chaque citoyen de ce pays. Là, j'ai peine à comprendre que l'on refuse d'informer sur des faits, alors que cela permet à chacun d'avoir un comportement responsable. Peut-être que l'UDC préfère l'adage disant "bienheureux l'ignorant"; pour ma part, je préfère celui qui dit: "un homme averti en vaut deux".

L'autre incompréhension se situe à l'article 10h alinéa 2, où certains refusent de mettre en place une plate-forme sur l'économie verte que nos entreprises appellent de leurs voeux. Là aussi, on voit qui soutient les milieux économiques dans ce Parlement. D'ailleurs des ratings récents l'ont déjà montré.

A l'article 30a, la proposition de la minorité Girod incarne le libéralisme, car le libéralisme ce n'est pas le laissez-faire, mais c'est bien la responsabilité. Mettre sur le marché des produits dont l'obsolescence est programmée n'est pas un droit mais un manque de responsabilité indigne d'entreprises qui se disent libérales. Nous soutiendrons donc cette proposition de minorité.

Ce n'est pas la première fois que nous discutons de la problématique de l'incinération des déchets dans ce Parlement. Il est, par exemple, complètement absurde d'imaginer qu'il n'y ait aucune coordination dans la planification de la construction d'usines d'incinération dans ce pays. Cela signifie que chaque canton fait ce qu'il veut sans se demander ce que fait son voisin. On a abouti dans la région lémanique à une surcapacité d'incinération, ce qui amène plusieurs de ces usines à devoir importer des déchets de l'étranger. Au lieu de féliciter les habitants de ce pays en diminuant les nuisances d'une usine d'incinération grâce à leur assiduité au tri, nous leur disons : "Pas de bol, l'usine perd de l'argent si elle n'a rien à brûler, et il faut donc aller chercher des déchets à l'étranger." Quant aux fumées de ces déchets, rassurez-vous, elles sont bien sûr pour eux.

L'arnaque de l'incinération est de faire croire qu'il y a valorisation lorsque l'on brûle ces déchets. Si une certaine partie de l'énergie est certes transformée, dans certains cas en électricité, la très grande partie de la chaleur est perdue. Dans les usines qui disposent d'un chauffage à distance, la chaleur est certes récupérée, mais que se passe-t-il l'été lorsque les besoins de chaleur sont bien inférieurs à la production? Eh bien, on chauffe les oiseaux! C'est pourquoi il faut absolument mettre la priorité sur la valorisation des matières et garder l'incinération comme dernier recours.

D'ailleurs, que faisons-nous des mâchefers issus de l'incinération? Rappelons que près de 30 pour cent du poids des déchets incinérés ressortent de l'usine et n'ont pas disparu comme par enchantement.

La proposition de la minorité Schilliger prévoit elle aussi de réaliser la valorisation matière mais sans soutien de l'Etat. J'en appelle au même bon sens concernant les usines d'incinération et les centrales nucléaires: à quand la fin du soutien de l'Etat? Dommage que ce discours ne soit qu'à sens unique.

Hormis les coûts de la valorisation matière, il y a aussi l'aspect géostratégique. Aujourd'hui, la Chine détient plus de 90 pour cent du marché des terres rares. Et pourtant, nos [PAGE 1473] déchets regorgent de ces éléments et nous continuons à ne pas prendre au sérieux le risque que ce monopole fait peser sur notre industrie. Une valorisation matière des métaux rares est non seulement écologique, mais également un gage géopolitique de ne pas dépendre d'une seule nation pour notre approvisionnement.

Les vert'libéraux soutiendront une position progressiste et libérale lors des différents votes.