Recordon Luc · Ständerat · 2015-09-24
Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2015-09-24
Wortprotokoll
Comparaison n'est pas raison. Ce qu'il faut prendre en considération dans l'effort d'enregistrement de quoi que ce soit, c'est le but recherché, le bien protégé. On peut enregistrer toute une série de choses dans notre pays - on aime bien enregistrer les choses -, mais prenons l'exemple des automobiles. On n'enregistre pas du tout les automobiles parce qu'elles représentent un danger - ou alors assez secondairement pour cette raison -, mais parce qu'on a besoin de savoir en cas de problème avec une automobile à qui elle appartient; on a besoin de savoir aussi quel est le degré de son entretien, pour des questions de protection de l'environnement. Ce sont là les principales raisons.
En ce qui concerne les armes, on peut faire là une véritable comparaison, parce que l'arme est encore plus dangereuse que l'automobile. L'arme est destinée, malgré tout, à tuer, qu'il s'agisse d'un animal ou d'un être humain. Elle est certes destinée parfois à faire du sport, mais la fonction première de l'arme reste quand même de tuer. Il me paraît donc curieux qu'une automobile qui, seulement accidentellement et pas par nature, peut provoquer la mort ou de graves blessures soit enregistrée, alors qu'une arme, foncièrement plus dangereuse, ne l'est pas. Je ne pense pas non plus que l'enregistrement des armes soit particulièrement invasif dans la personnalité. Monsieur Fournier, au moment où il était encore là, disait qu'on pourrait alors tout aussi bien envisager de faire enregistrer par les commandements de police les empreintes digitales de chacun. Mais cela, ce serait évidemment une atteinte très grave à la personnalité: on vous identifie, on sait qui vous êtes et où vous êtes. On a connu ce problème - vous vous le rappelez - lorsqu'on a dû se prononcer sur le passeport biométrique. Là, il était question de vraies atteintes à la personnalité.
Au nom du ciel, en quoi une arme est-elle un élément de la personnalité de quelqu'un? ou alors de quelle personnalité dévoyée doit-il s'agir? Un peu de sens de la mesure montre que l'effort vaut la peine, si cela permet - et on a des raisons de le croire - de sauver quelques vies; même si les Canadiens, si j'en crois mon préopinant, sont revenus de manière regrettable sur l'idée de l'enregistrement. C'est une chose fort navrante pour l'Amérique du Nord, où les drames causés par des armes sont encore plus nombreux.
Chez nous, il s'agit d'un petit pas de plus à faire, puisqu'on enregistre déjà toute une série de choses en lien avec les armes. Il est temps de faire ce pas, dans l'intérêt de la sécurité publique, pour éviter surtout des drames familiaux particulièrement douloureux.