Gentil Pierre-Alain · Ständerat · 2001-12-13
Gentil Pierre-Alain · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2001-12-13
Wortprotokoll
L'énergie nucléaire est une énergie qui coûte cher si l'on tient compte de l'ensemble de ses coûts réels, qui ne sont pas toujours apparents car, dans notre pays aussi, l'Etat a, par exemple, assumé d'importantes charges notamment en matière de recherche. L'énergie nucléaire est une énergie qui a devant elle un avenir incertain. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le Conseil fédéral qui emploie cette expression dans son message, notamment suite aux exigences en matière de sécurité, exigences qui sont devenues plus apparentes encore à l'issue des catastrophes ou des incidents dont il est inutile de rappeler la suite.
C'est enfin une énergie controversée, aussi bien en raison de son coût que de la sécurité, raison qui a conduit de nombreux pays à abandonner son utilisation ou à envisager de le faire.
Enfin, la question des déchets qu'elle produit n'est pas réglée, notamment les déchets hautement radioactifs. On doit s'en remettre à l'exportation et fermer les yeux sur certaines réalités des pays qui accueillent ces déchets: certains disposent de technologies qui ne sont pas véritablement au point, certains n'ont pas de technologie du tout et accueillent ces déchets dans des conditions qui devraient nous faire réfléchir.
Le débat en Suisse sur ces questions énergétiques est animé depuis plusieurs années. Malgré de longs et patients efforts, entrepris notamment par M. Leuenberger, président de la Confédération, nous avons échoué à trouver sur ce sujet des solutions de consensus. Cette situation, qui empêche notre pays et les différents milieux concernés de trouver un consensus, s'est reflétée au sein de notre commission. Nous avons eu de longs débats, mais, comme vous avez pu en prendre connaissance en lisant le dépliant qui vous est parvenu, nous ne sommes pas parvenus à trouver un point de vue commun sur des questions importantes. De mon point de vue, les solutions apportées par la majorité de la commission ne sont pas soutenables et ne passeraient pas le cap [PAGE 1003] d'un référendum populaire, car il n'y a pas, sur les projets envisagés par la majorité de la commission, un consensus.
Dans cet état, je vous invite vivement à soutenir, au long de la discussion, les propositions de minorité.
S'agissant enfin de la loi sur l'énergie nucléaire comme contre-projet indirect aux initiatives populaires qui réclament l'abandon à moyen et à long terme de l'énergie nucléaire, on ne peut pas dire, si l'on se réfère aux positions de la majorité de la commission, qu'il y ait véritablement un contre-projet. Le document qui nous est proposé par la majorité de la commission continue à laisser à penser que le nucléaire est une option durable pour notre pays. C'est, de mon point de vue, faire fi de certaines réalités qui ont conduit des pays voisins à renoncer à cette énergie et à préparer l'avènement d'énergies nouvelles.
Dans cet esprit, je vous invite à entrer en matière, à examiner attentivement, dans le cadre de la discussion, les propositions qui seront formulées par la minorité de la commission. Sous réserve de changements fondamentaux dans cette discussion, je me réserve la possibilité tout à l'heure, en fin de discussion, de soutenir les deux initiatives, qui, elles, se réclament d'une volonté claire et ferme de quitter à terme la filière nucléaire, une énergie qui a, il faut bien le constater, son avenir largement derrière elle.