Gross Andreas · Nationalrat · 2002-03-05
Gross Andreas · Nationalrat · Zürich · Sozialdemokratische Fraktion · 2002-03-05
Wortprotokoll
Je pense qu'il y a trois éléments qui ont été très joliment développés par ceux qui ont pris part au débat.
Le terme "civilisation", employé par M. Eggly, colle bien avec l'expression de Mme Nabholz selon laquelle au Conseil de l'Europe nous travaillons vraiment à une architecture commune. Nous comprenons l'Europe de l'intérieur, pour nous, ce n'est plus l'extérieur! Si les autres sont touchés par un problème, nous sommes aussi touchés. S'ils restent dans la misère, nous auront des réfugiés, parce que les gens vont vers le bonheur. Si le développement et le progrès ne vont pas chez eux, ils vont aller vers le progrès. Nous avons donc un intérêt concret à comprendre le développement et la construction d'une civilisation avec une architecture institutionnelle commune, qui englobe la grande Europe et pas seulement les pays privilégiés, comme une tâche commune.
Deuxièmement, peut-être comme réponse à M. Eggly, il ne suffit pas d'examiner les sociétés. Il faut s'impliquer comme acteur, il ne faut pas laisser le travail aux autres et examiner ensuite le résultat. Cela, c'est vraiment le Conseil de l'Europe. Le pilier gouvernemental agit aussi beaucoup en tant qu'acteur. Il faut donc intégrer ses actions dans une analyse commune pour aussi mesurer le progrès. C'est ce que nous demandons au Conseil fédéral dans le prochain rapport.
Troisième chose, et c'est ce qui fait la grande différence entre l'ONU et le Conseil de l'Europe: Monsieur Eggly, vous avez parlé de l'ONU et du Conseil de l'Europe. Un jour peut-être - et j'invite le Conseil fédéral à mener cette réflexion -, l'ONU pourrait devenir le système de Strasbourg mondialisé.
J'ai été délégué une fois par le Conseil de l'Europe à l'Assemblée générale de l'ONU. L'ambassadrice de la Jamaïque a donné une belle démonstration des dégâts causés par la mondialisation sur le plan social et sur le plan des droits de l'homme. Je lui ai demandé ensuite ce qu'elle ferait à la suite de ce constat de déficit. Elle a répondu: "Cela dépend de notre gouvernement." Mais chez nous, en Europe, si un citoyen de Moldavie, de Russie ou de Macédoine pense que les droits de l'homme ont été violés - et si les tribunaux fonctionnent; c'est une autre chose -, il peut traîner le gouvernement de son pays devant la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg. C'est une chose fantastique! C'est la seule chose qui est restée de l'idée à l'origine de la création du Conseil de l'Europe: l'Assemblée pour la constitution de l'Europe. Aujourd'hui, l'Union européenne - qui était la sortie de secours pour sauver l'intégration, par l'exécutif, par l'économie et par le Traité - revient aux racines constitutionnelles.
Il faut aussi se souvenir que le Conseil de l'Europe a été fondé pour dépasser les divisions politiques et sociales issues de la Conférence de Yalta en 1945. Cette grande tâche mérite plus de chaleur et de compassion de la part du Conseil fédéral. J'espère que M. Deiss, conseiller fédéral, a compris le message.