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Brélaz Daniel · Nationalrat · 2015-12-03

Brélaz Daniel · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2015-12-03

Wortprotokoll

Au nom du groupe des Verts, je voudrais me livrer dans ce débat d'entrée en matière à quelques considérations générales. Tout d'abord, constater que le gouvernement n'a aucun choix. Il est obligé de suivre les règles du frein aux dépenses et les dispositions constitutionnelles acceptées par le peuple et les cantons. Cela implique effectivement un certain nombre de coupes, parfois douloureuses, mais c'est dû à la cohérence générale d'un mandat constitutionnel bien appliqué.

Ce qui est clair aussi, c'est que je perçois dans cette assemblée un certain nombre de contradictions. Je citerai notamment les propositions des minorités Schibli, qui nous [PAGE 2005] demandent de couper 4 ou 5 milliards de francs, mais sans dire où! Cela n'est pas très constitutionnel, mais c'est égal. Ce qui est très grave surtout, c'est que si on le faisait, on serait alors aussi obligé de s'en prendre très méchamment à d'autres aspects de ce budget, notamment agricoles. En effet, si nous décidons de faire une coupe linéaire, cela touchera aussi les vaches sacrées dont fait partie la politique agricole, à laquelle le groupe de l'UDC est très fortement attaché. C'est donc une contradiction majeure - une de plus! -, mais nous n'insisterons pas plus longtemps là-dessus, nous y sommes habitués.

En ce qui concerne les priorités du groupe des Verts, je dois dire très clairement que nous visons l'avenir. Et l'avenir, c'est ne pas péjorer la recherche; c'est ne pas péjorer la culture; c'est ne pas péjorer l'éducation; c'est également bien sûr assurer la mutation énergétique et le développement des transports publics. En effet, que cela plaise ou non à quelques membres de l'assemblée, c'est une tendance lourde qui va dans cette direction, une tendance irréversible. On peut freiner, on peut s'arranger pour que la Suisse reste à la traîne par rapport à d'autres pays du monde, mais cela viendra quand même, que ce soit par nous ou par d'autres. Donc autant le faire nous-mêmes et assurer les emplois plutôt que d'avoir des chômeurs.

En ce qui concerne la politique générale, je dois dire également qu'il y a une manière de travailler ici qui choque non seulement le parlementaire, mais encore plus le syndic d'une grande ville que je suis - pour quelques mois encore. Le budget, dans un certain nombre de cantons, est utilisé par des groupes marginaux pour violer toutes les lois et tous les règlements votés par le Parlement, voire par le peuple, le reste du temps. Ici, ce n'est pas un groupe marginal qui fait ça, mais c'est le plus grand groupe de l'Assemblée fédérale. Il est tout de même un peu problématique de déposer des amendements qui violent des lois et des règlements. La procédure ordinaire veut qu'on passe par une motion, un postulat ou une initiative parlementaire et non par le budget. Je comprends que, au Grand conseil vaudois, un groupe de cinq députés qui n'a pas de conseiller d'Etat procède de cette manière. Mais je ne comprends par que, au Conseil national, le plus grand groupe parlementaire, qui va bientôt avoir deux conseillers fédéraux, le fasse. Mais c'est égal, chacun assume ses contradictions, j'en ai sûrement aussi.

En ce qui concerne enfin les problèmes liés au développement, il y a deux manières de concevoir les choses dans nos relations avec le monde. La première est celle du gouvernement hongrois et consiste à ériger un mur de Berlin tout autour du pays. C'est très cher à construire, ce n'est pas totalement hermétique malgré tous les efforts apportés, et c'est quelque part impraticable pour un pays comme la Suisse qui est au milieu de l'Union européenne même s'il n'en fait pas partie. L'autre manière est d'essayer de prendre les problèmes à la base pour en éviter un certain nombre, et de ne pas accroître à l'infini la misère du monde et les différences entre les régions. Si vous êtes considéré comme l'ennemi absolu par le reste de l'humanité, vous contribuez à la naissance d'entités telles que l'organisation "Etat islamique" ou à d'autres choses de ce genre.

Pour donc garder l'espoir, et éviter que l'ensemble du reste du monde ne nous considère comme une espèce d'espace clos et particulièrement haineux face à l'extérieur, il faut aussi préserver l'aide au développement pour ne pas avoir besoin de multiplier par je ne sais quel facteur le budget de l'armée, tout en étant protégé par d'autres pays voisins.