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Amaudruz Céline · Nationalrat · 2016-03-09

Amaudruz Céline · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2016-03-09

Wortprotokoll

Le 3 mars dernier, l'Agence télégraphique suisse annonçait qu'une étude d'experts britanniques prévoyait en 2050 le décès de 500 000 personnes supplémentaires du fait du réchauffement climatique et de ses incidences sur la productivité agricole. Il y a deux semaines, on pouvait lire dans "Le Quotidien jurassien" l'annonce du décès d'un éleveur de 53 ans qui a mis fin à ses jours. L'article contenait la phrase suivante: "Le drame qui s'est produit la semaine dernière se reproduira de plus en plus, car actuellement il est impossible d'entrevoir un avenir dans la production laitière."

Selon le Conseil fédéral tout va bien. Un article constitutionnel visant à améliorer notre sécurité alimentaire serait inutile. Pourtant, ce même Conseil fédéral, dans son rapport explicatif sur le contre-projet direct, expliquait, sur 25 pages qu'il était nécessaire de mettre en place une norme constitutionnelle qui fournisse la base nécessaire à la Confédération pour réagir de manière adéquate à l'évolution des conditions-cadres dans le domaine de la sécurité alimentaire.

Je dois dire que j'ai rarement vu une telle volte-face et une telle incohérence. L'initiative sur la sécurité alimentaire donne une réponse, peut-être partielle, mais cela reste une réponse aux problèmes actuels, et surtout aux problèmes futurs prévisibles. Il est de notre devoir de prendre des mesures aujourd'hui pour renforcer notre production indigène, de manière durable aussi, compte tenu des aspects écologiques. Les agriculteurs ont tout intérêt à garder des sols fertiles et des écosystèmes qui fonctionnent. 98 pour cent des exploitations agricoles de notre pays respectent les contraintes liées aux prestations écologiques.

C'est un atout pour notre agriculture. On parle d'intensification durable ou, parfois, d'écologie intensive, voire même d'agroécologie. L'initiative populaire "pour la sécurité alimentaire" permet des évolutions dans ce sens, tout en maintenant la production de denrées alimentaires. Nous devons dire oui à cette initiative pour avoir un débat ouvert et objectif avec la population, entre gens des villes et gens des campagnes, entre producteurs et consommateurs. Nous devons avoir un débat qui permette de se déterminer au sujet de l'agriculture que nous voulons, des denrées alimentaires que nous voulons dans notre assiette et de la manière de les consommer.

Comme Genevoise, je me réjouis de ce débat. Notre canton n'est pas un canton agricole, mais nous sommes fiers de nos vins, de nos légumes et de nos autres produits régionaux. Pour cela, nous avons besoin, aussi à Genève, de paysans et de paysannes qui entrevoient des perspectives d'avenir dans leur profession.

Pour toutes ces raisons, je vous invite à recommander au peuple et aux cantons de soutenir cette initiative populaire "pour la sécurité alimentaire".