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Français Olivier · Ständerat · 2016-03-10

Français Olivier · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2016-03-10

Wortprotokoll

L'interpellation Bischof nous donne la possibilité de nous exprimer dans cette assemblée, et c'est bien ainsi. Si je suis satisfait de la réponse du Conseil fédéral sur le fond, je m'inquiète plus particulièrement de la forme, car si l'on dit être attentif sur ce qui se passe, dans les faits, cela n'est pas tout à fait le cas.

Premièrement, pour avoir de bons ingénieurs, il faut une bonne formation de base. Il faut aussi leur garantir une possibilité d'évoluer dans la vie professionnelle. Bref, il faut développer la formation continue. Pour que cela fonctionne, il faut bien sûr des professeurs et, à leurs côtés, des instituts durables, et j'insiste sur ce qualificatif. Or, aujourd'hui, dans les hautes écoles et en particulier dans les écoles polytechniques, lorsqu'un professeur part à la retraite - et c'est son droit -, on dit aux collaborateurs de cet institut qu'ils n'ont plus de travail et qu'on va essayer de les recycler. Comment? En diminuant leur salaire, voire en leur demandant d'aller ailleurs, parce que l'on sait que certains instituts sont délocalisés. C'est en tout cas ce qui se passe dans notre région. Cela ne va pas. Si l'on veut des formateurs de qualité, on ne peut pas réduire les salaires et, du jour au lendemain, revoir complètement le plan de carrière des gens qui accompagnent un professeur. Il est fondamental que le professeur soit accompagné et surtout qu'une continuité dans la recherche de base promue dans la haute école soit garantie. Ou alors, on fait une programmation dûment organisée, et on transfère peut-être cet institut aux HES, puisque l'on sait que les écoles polytechniques et les HES doivent de plus en plus collaborer. C'est très inquiétant, c'est la vie de tous les jours, c'est ce qui se vit aujourd'hui en 2016 dans plusieurs instituts de nos hautes écoles.

Deuxièmement, lorsqu'on fait des appels d'offres - ce qui est légitime -, on constate régulièrement que, dans la science de l'ingénierie, certains professionnels rendent des offres à 60 voire 80 francs de l'heure. Cela pose un problème, du moins cela ne motive pas les jeunes à venir travailler, parce que, dans la notion de travail en tout cas, l'argent est quand même un moyen d'encouragement. Même si la science de la technique est passionnante, travailler avec de tels prix horaires n'encourage en tout cas pas à faire une carrière et à penser à son futur.

Je pense que la durabilité de la formation, la garantie d'avoir une formation continue dispensée par un corps professoral de qualité, l'accompagnement des professionnels sont nécessaires, et ce de façon durable. De même, une attention particulière devra, à terme, être bien sûr accordée au salaire des personnes répondant aux appels d'offres, au tarif horaire des ingénieurs.

Ce n'est pas que la faute de la Confédération. Cela vient aussi de la profession, qui doit s'organiser, en élaborant une convention collective qui prévoie un accord, en tout cas pour les appels d'offres, entre l'autorité et la profession.

Tout a évolué, j'en suis conscient. Ce qui est sûr c'est que, dans les faits, on accepte, dans le cadre d'appels d'offres, de donner du travail à des personnes rémunérées 60 ou 80 francs de l'heure. Cette situation n'est pas encourageante. En effet, elle n'encourage pas les jeunes à opter pour cette science technique, qui est magnifique, certes, mais à laquelle il faut accorder des moyens financiers raisonnables pour inciter jeunes femmes et jeunes hommes à s'y former.