Nordmann Roger · Nationalrat · 2016-03-17
Nordmann Roger · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2016-03-17
Wortprotokoll
Il y a deux semaines, notre conseil a repoussé une version pourtant édulcorée des articles 48 et 49 de la future loi sur l'énergie, avec le bonus d'incitation aux économies d'électricité. Ce bonus aurait permis aux entreprises électriques volontaires de financer leurs efforts pour aider les consommateurs finaux à économiser de l'énergie.
Disons-le clairement: si ces mesures avaient été incluses dans la Stratégie énergétique 2050, je ne serais pas aujourd'hui à cette tribune. En effet, cette initiative populaire n'aurait plus sa raison d'être. Mais, comme le projet de loi ne comprend plus rien sur cet aspect et qu'il n'y a plus de divergence, le soutien à cette initiative s'impose.
Pourquoi les gains d'efficacité dans l'utilisation de l'électricité sont-ils vraiment si importants? L'électricité est la forme la plus noble d'énergie. Elle peut non seulement produire de la chaleur, mais aussi entraîner des moteurs, transformer des matériaux ou extraire de la chaleur ou du froid avec le mécanisme de la pompe à chaleur. En plus, l'électricité a une efficacité très grande dans son utilisation, comme le montre la comparaison entre un moteur électrique et un moteur à explosion mû par l'énergie fossile: un moteur à explosion perd les trois quarts de son énergie en chaleur et ne produit finalement que 25 pour cent de mouvement; le moteur électrique, lui, ne perd que 10 pour cent en chaleur et transforme 90 pour cent de l'énergie en mouvement. C'est cette efficacité très élevée qui est décisive dans l'électricité.
A l'avenir, nous utiliserons donc l'électricité en particulier pour remplacer des applications fossiles. Les ordres de grandeur ne sont pas négligeables. Ainsi, pour électrifier l'ensemble du parc automobile, on augmenterait de 20 pour cent la consommation électrique suisse. Pour y faire face, il y a deux stratégies: soit augmenter la production, soit faire des gains d'efficacité.
La stratégie qui consiste à produire de plus en plus d'électricité et à renforcer les réseaux pour la transporter est plus coûteuse. Elle est aussi assez compliquée à mettre en pratique puisque, en plus du remplacement de la production des anciennes centrales nucléaires, il faut couvrir la [PAGE 501] demande additionnelle par une production supplémentaire qui a non seulement un coût, mais aussi, évidemment, un impact environnemental, même si elle est issue d'énergies renouvelables.
La stratégie fondée sur l'accroissement de l'efficacité électrique dans les usages actuels de l'électricité est bien plus pertinente sur le plan écologique et économique. Il existe dans les applications actuelles utilisant de l'électricité un potentiel de gain d'efficacité d'environ 30 pour cent. Autrement dit, si nos équipements reflétaient l'état actuel de la technique, notre consommation d'électricité serait de 30 pour cent inférieure.
Ce que demande cette initiative, c'est tout simplement de faire fructifier cette réserve latente que représente l'efficacité, de manière à pouvoir, dans l'enveloppe de consommation actuelle d'électricité, absorber les nouveaux usages, comme la mobilité électrique ou les pompes à chaleur. Ce faisant, on économise non seulement des investissements dans une production supplémentaire d'énergie renouvelable, mais aussi des investissements dans l'extension du réseau électrique, parce que l'électricité qui n'est pas consommée n'a pas non plus besoin d'être transportée.
Si le volume d'électricité reste à peu près le même qu'aujourd'hui, il n'y aura pas besoin d'augmenter la capacité des réseaux électriques, ce qui représente une économie considérable et un gain pour le paysage.
L'usage efficace de cette ressource indigène qu'est l'électricité est un projet d'envergure pour notre pays. Il correspond très bien à notre esprit d'efficacité et d'économie. C'est la raison pour laquelle je vous demande de soutenir cette initiative.