Bourgeois Jacques · Nationalrat · 2016-03-17
Bourgeois Jacques · Nationalrat · Freiburg · FDP-Liberale Fraktion · 2016-03-17
Wortprotokoll
"Comme la grêle après les vendanges", voilà comment on pourrait résumer l'initiative Efficacité électrique. Le texte est superflu, au moins pour deux raisons: la première est que la Constitution parle déjà, comme le requièrent les initiants, d'une gestion "économe et rationnelle de l'énergie"; la seconde est que, depuis le dépôt de cette initiative populaire, de l'eau a coulé sous les ponts. En effet, la première étape de la Stratégie énergétique 2050, dont un volet est consacré à l'efficacité énergétique, est traitée au Conseil national. On y parle bien d'efficacité énergétique - la Stratégie énergétique 2050 ne se cantonne toutefois pas, contrairement à l'initiative, au domaine de l'électricité.
Il sied de rappeler que si nous voulons agir sur notre consommation énergétique, c'est avant tout sur notre dépendance aux énergies fossiles qu'il faut agir. Environ 40 pour cent de notre énergie est consommée par les bâtiments, d'où l'importance de mettre en place des conditions-cadres pour les assainir sur des bases incitatives, comme par le biais de la fiscalité, plutôt que de dilapider l'argent des contribuables dans des projets qui, du point de vue du gain en efficacité, ne font parfois pas de sens. En effet, nous devons, dans le domaine de l'assainissement des bâtiments, tenir compte plus amplement du rapport coût-efficacité.
L'autre axe est celui de la mobilité. Nous avons déjà légiféré en la matière, en fixant comme objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre afin de préserver notre climat, et, par la même occasion, de réduire la consommation moyenne par véhicule. Mais cette mesure a également ses inconvénients, à savoir que les recettes de la Confédération prélevées sur les huiles minérales diminuent et que le Conseil fédéral devra, pour combler ce manque, prélever une taxe supplémentaire pour pouvoir faire face aux investissements nécessaires sur le plan routier, comme cela est proposé actuellement dans le projet relatif au fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA). En somme, tous les bons élèves, au lieu de recevoir une prime, se verront punis car dans leur porte-monnaie seront prélevés des centimes supplémentaires.
Pour en revenir à l'initiative qui nous est soumise, cette dernière ne se concentre que sur l'électricité, comme cela a été mentionné. N'oublions pas que le Conseil fédéral s'est fixé pour objectif de réduire d'ici 2050 la consommation d'électricité par habitant de 18 pour cent. Cet objectif est très ambitieux au regard de notre consommation actuelle, qui ne cesse de croître. Il est clair que si vous voulez remplacer vos chauffages à mazout par des pompes à chaleur, il faudra du courant électrique pour les faire fonctionner, tout comme il faudra du courant si nous voulons développer notre mobilité ferroviaire.
Chers collègues, gardons les pieds sur terre, soyons pragmatiques et faisons preuve de réalisme en mettant en place déjà toutes les mesures prévues par la nouvelle politique énergétique en termes d'efficacité énergétique, avant d'en rajouter une couche! N'oublions pas que nos entreprises, nos PME, consomment 60 pour cent de la totalité de l'électricité utilisée. Il serait malvenu, dans le contexte économique déjà très tendu, en raison des problèmes liés au franc fort, de pénaliser encore notre économie et de mettre plus en danger nos emplois. Dans un premier temps, faisons nos expériences et tirons les conclusions sur les mesures en place avant d'en rajouter de nouvelles.
Au vu de ce qui précède, je ne peux que vous inviter, au nom du groupe libéral-radical, à recommander au peuple et aux cantons de rejeter l'initiative Efficacité électrique, qui n'est pas nécessaire et vient, comme je l'ai dit tout à l'heure, comme la grêle après les vendanges. [PAGE 503]