Burkhalter Didier · Bundesrat · 2016-06-02
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2016-06-02
Wortprotokoll
Monsieur Béglé, tout d'abord, sur la question de la crédibilité, il s'agit de la Suisse! Imaginez ce qui se passe à l'étranger, au moment où il y a le plus de crises, où elles sont le plus difficiles à résoudre, où la plupart des organisations qui se battent sur le terrain sont très fortement sous-financées, même pour l'aide humanitaire. Si on donne un signal politique selon lequel l'aide de la Suisse sera réduite, ce ne sera évidemment pas compris. Après, la question de la crédibilité repose beaucoup sur les épaules du Conseil fédéral et il se battra pour qu'elle soit préservée. Mais, cela constituerait clairement un risque de perte de crédibilité. C'est surtout un risque qu'il n'est pas nécessaire de prendre à ce stade.
Cela dit,je le répète, on peut diminuer le crédit-cadre. On fournira alors moins d'aide internationale, mais on sera toujours conforme à nos principes de loi. Mais, en baissant maintenant nos contributions, au moment même où il est le plus important de montrer, non seulement une solidarité, mais une volonté politique de régler les problèmes sur le plan international, la Suisse, dont tout le programme de paix est aussi concerné, se verra inévitablement atteinte dans sa crédibilité.
Concernant les programmes d'actions, il faudra ensuite faire un choix. On peut toucher à certains plus qu'à d'autres. Si on décide que la prévention est vraiment la grande priorité, on peut essayer de la restreindre au minimum. Mais on devra de toute manière trouver 1,6 milliard de francs dans les crédits d'engagement. Il s'agira donc de déterminer les lignes d'engagement de la Suisse pour ces prochaines années et de dire qu'on ne fait plus ceci ou cela progressivement jusqu'en 2020, à concurrence d'un montant de 1,6 milliard de francs. Cela aura évidemment des effets sur les programmes, mais les détails resteront encore à décider.
Franchement, le plus facile est que vous en restiez au programme du Conseil fédéral, parce que, à ce moment-là, on sait ce qui va être réalisé, on vous l'a dit, on vous l'a écrit sur plus de 400 pages.