Nicolet Jacques · Nationalrat · 2016-06-06
Nicolet Jacques · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2016-06-06
Wortprotokoll
Il m'appartient de vous apporter, pour le groupe UDC, les commentaires en langue française sur le rapport de gestion du Conseil fédéral 2015, et plus particulièrement sur le chapitre relatif au Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche. Je me contenterai de ne traiter que quelques objectifs du rapport.
La consolidation de l'économie suisse dans tous les secteurs passe par une vision et des objectifs: par le maintien de conditions-cadres optimales permettant de conserver le plein emploi, par une fiscalité des entreprises stable et supportable ainsi que par un développement permettant une croissance harmonieuse de notre économie. L'orientation stratégique de la politique économique 2016-2019, approuvée par le Conseil fédéral, qui est axée sur le long terme et vise un renforcement de la croissance et de la productivité du travail, une amélioration de la résistance de l'économie et une croissance de la productivité des ressources, nous semble cohérente. Il en va de même de l'intention de réduire les charges administratives des entreprises.
S'agissant de l'objectif qui vise à renforcer la politique de libre-échange par l'extension du réseau d'accords de libre-échange et le développement des accords existants, nous resterons vigilants sur l'ensemble des accords. En effet, bien que les accords visent principalement à offrir des possibilités et des plates-formes d'échanges économiques importants pour notre pays, ils se font bien souvent au détriment de [PAGE 866] notre économie agricole et des consommateurs que nous sommes toutes et tous.
L'impact écologique réel de certains de ces accords, en relation avec la production de l'huile de palme par exemple, est une véritable catastrophe. Les conditions sociales, salariales ou de logement du personnel, pratiquées dans certaines unités de production, ne sont éthiquement pas acceptables, en plus d'être économiquement impossibles à concurrencer.
D'ailleurs, les difficiles discussions sur le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP) portent également sur ces questions, les Etats-Unis voulant imposer à la communauté européenne le standard américain. Or, les conditions générales en termes de normes de production, d'utilisation d'hormones, d'antibiotiques et d'OGM dans les produits finis sont en totale opposition avec les prescriptions suisses. En outre, les conditions de détention et d'abattage des animaux, qui sont dix fois plus laxistes que chez nous, les règles d'hygiène, qui sont totalement différentes, la désinfection systématique des carcasses au chlore, en abattoir, avant l'expédition chez les détaillants, les contrôles de quantité et de qualité ainsi que les normes sanitaires sont en totale contradiction avec les normes et les règles faisant foi dans notre pays.
Sachant que les normes suisses sont encore beaucoup plus rigoureuses - et avec raison - que les normes européennes, je vous laisserai apprécier l'évolution que subirait la qualité de l'assiette de nos enfants avec l'acceptation d'un tel accord, même sur le plan européen. Vous comprendrez donc pourquoi nous serons extrêmement vigilants sur ces questions également.
La question traitant de la recherche du domaine agronomique dans notre pays préoccupe également notre parti et nous serons très attentifs à l'avenir d'Agroscope Changins-Wädenswil.
L'objectif traitant de la politique agricole et d'une vue globale dans le secteur agroalimentaire intéressera également beaucoup notre parti. Le monde agricole doit impérativement retrouver rapidement de la stabilité. Il doit retrouver une stabilité politique, avec une politique agricole qui donne une ligne claire, avec une orientation permettant une production indigène de qualité et en quantités suffisantes, permettant d'assurer un bon taux d'auto-approvisionnement. Au regard des nombreux efforts engagés en matière de biodiversité visant à préserver les sols, l'eau, la faune et la flore, nous devons aussi avoir une ligne claire et allouer des moyens financiers adéquats, afin de rémunérer correctement ces prestations publiques nécessaires.
Il faut également retrouver une stabilité économique en matière de prix à la production, par le maintien et l'exigence de conditions-cadres permettant à l'agriculture de réaliser des prix rémunérateurs à la production. Une gestion rigoureuse des volumes de lait par l'Interprofession du lait ainsi que des contrôles sanitaires et des exigences respectant des conditions de production identiques aux nôtres pour les produits importés permettront à l'agriculture de rester un acteur économique de notre pays - rappelons au passage que l'agriculture génère 160 000 emplois. Ces conditions-cadres permettront aussi au secteur agroalimentaire de maintenir ses activités, son savoir-faire et ses emplois dans notre pays. Ces conditions permettront également à l'agriculteur de rester un acteur incontournable en matière de préservation de nos ressources naturelles et d'entretien de notre paysage.
Pour conclure, ces conditions-cadres permettront surtout de mettre dans l'assiette de nos enfants des produits de qualité. Ainsi les mots "terroir", "traçabilité", "méthode de production" et "qualité irréprochable" seront mis en oeuvre au quotidien.