Reynard Mathias · Nationalrat · 2016-06-07
Reynard Mathias · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2016-06-07
Wortprotokoll
Je m'exprime pour défendre les deux propositions de minorité déposées à l'article 2 de la présente loi.
Ma première proposition de minorité, à l'alinéa 1, demande de rajouter les techniciens en radiologie médicale à la liste des professions de la santé concernées par la loi. Les techniciens en radiologie médicale sont au nombre de 3500 dans notre pays et exercent une profession souvent méconnue. Beaucoup pensent, à tort, qu'il ne s'agit que de presse-boutons. En réalité, ce sont des soignants à part entière, qui exercent une profession complexe, dans des situations diverses, avec une large autonomie, puisqu'ils travaillent de façon indépendante, généralement seuls dans une salle d'examen. Leur responsabilité est donc très grande.
Cette profession prend de plus en plus d'ampleur et joue un rôle central dans l'établissement d'un diagnostic. L'immense majorité des patients passe par ce service. Dans la médecine d'aujourd'hui, la radiologie est au centre du dispositif. Notons d'ailleurs que le rôle des techniciens en radiologie médicale est particulièrement central dans les services de [PAGE 890] radio-oncologie. Cela illustre bien l'importance croissante de cette profession, et il est clair que la tendance va encore s'amplifier.
Les techniciens en radiologie médicale sont, dans la version actuelle du texte, les grands oubliés de cette loi. Il est primordial d'intégrer cette profession dans la loi sur les professions de la santé parce que, dans le cas contraire, on se retrouvera dans une situation tout à fait injuste par rapport à toutes les autres professions de la santé, qui sont positionnées au niveau HES.
Les techniciens en radiologie médicale se trouvent dans une situation que l'on peut finalement comparer à celle des infirmiers: la formation, en Suisse romande, est dispensée par les hautes écoles spécialisées; en Suisse alémanique, par les écoles supérieures. Il faut savoir que, dans notre pays, un tiers des professionnels de la branche est formé à la haute école spécialisée de Lausanne, ce qui justifie totalement l'ajout de la mention de cette profession dans la loi. Je vous remercie d'avance de soutenir ma proposition de minorité, parce qu'il s'agit non seulement de reconnaître le travail qui est effectué aujourd'hui par les techniciens en radiologie médicale dans notre pays, mais aussi d'adresser un message de reconnaissance à ceux qui, en ce moment, suivent la formation en haute école spécialisée - qui est une formation exigeante et de qualité.
J'aimerais encore dire quelques mots sur ma proposition de minorité à l'alinéa 1bis, qui vise à ajouter la possibilité pour le Conseil fédéral de désigner d'autres professions comme professions de la santé et de les soumettre à la présente loi sans modification législative. On sait que le domaine de la santé évolue très rapidement: des professions apparaissent; des professions qui jouent un rôle secondaire aujourd'hui joueront demain un rôle central et mériteront donc d'entrer dans le champ d'application de la présente loi. Ma proposition vise, par conséquent, à ce que le Conseil fédéral puisse agir dans ce domaine avec souplesse et rapidité, en prévoyant de lui donner la marge de manoeuvre nécessaire pour intégrer - par voie d'ordonnance - d'éventuelles professions supplémentaires sans devoir rouvrir tout un débat législatif.