Français Olivier · Ständerat · 2016-09-12
Français Olivier · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2016-09-12
Wortprotokoll
Nous avons beaucoup parlé de chiffres dans nos commissions respectives durant l'été et nous continuerons à en parler en commission et au conseil, tant nos décisions sont tributaires de nos priorités budgétaires. Si vous demandez à des entreprises ce qui leur importe pour s'implanter, elles répondront toutes trois choses: la fiscalité, l'infrastructure et la formation. Trois thèmes que nous traitons régulièrement en session. Il n'y a pas une session durant laquelle nous ne traitions un de ces thèmes. La formation est essentielle pour un pays comme le nôtre, qui a comme seule ressource, cela a été dit précédemment, sa matière grise. Comme chacun d'entre nous, Madame Savary, j'ai mes priorités sur l'allocation de nos ressources financières. Une de mes priorités concerne la formation au sens large du terme.
Permettez-moi de remettre en perspective et d'évoquer l'importance de ces trois priorités - formation, recherche et innovation - pour notre pays. Si nous nous targuons, et à juste titre, d'avoir une formation d'excellente qualité, reconnue dans le monde entier, ne nous trompons pas: c'est le résultat d'efforts continus dans ce domaine. J'insiste bien sur la continuité des décisions. Nous ne resterons une référence en matière de formation que grâce à notre formation duale et que si nous continuons à la soutenir pleinement. La mission des écoles professionnelles, de nos hautes écoles, des écoles polytechniques va bien plus loin que la simple formation. Celles-ci ont également pour rôle de servir la société, elles développent le vivier de l'économie de demain, novatrice et concurrentielle. C'est l'assurance d'une réflexion indépendante, capable de prendre du recul et de pleinement participer au débat public tant sociétal que technologique. Le monde de la recherche fondamentale, de la recherche appliquée, tout comme le partenariat avec l'économie privée ne peuvent être privés de l'élan développé ces dernières décennies. Notre vitalité économique actuelle, dans un monde morose, est due, en grande partie, à cette richesse qu'est l'innovation industrielle; cela aussi est important.
Enfin, il faut être pragmatique. Notre pays a connu ces dernières années une importante croissance démographique du monde universitaire: elle est supérieure à la croissance économique et à la croissance démographique de notre pays. Les moyens alloués à la formation, à la recherche et à l'innovation doivent suivre cette évolution.
Nous souhaitons que notre pays puisse former davantage de médecins, davantage d'ingénieurs. Il nous faut nous donner les moyens de le faire, de le faire durablement, de le faire en coordination avec tous les acteurs de la formation, et en collaboration avec nos hautes écoles, nos EPF, nos HES, pour faire évoluer leurs programmes académiques. Car la richesse de demain dépend de la qualité de la formation d'aujourd'hui. Notre commission est consciente des difficultés financières à venir et propose un compromis ciblé, avec ses priorités, qui constitue en bref le choix de la raison. Celui-ci entend à la fois les contraintes des uns et des autres, et j'associe bien sûr à ces contraintes non seulement les problèmes budgétaires de la Confédération, mais aussi ceux des cantons. Il entend les besoins croissants de chacun, en particulier du milieu académique. En quelque sorte, nous avons coupé la poire en deux, en proposant des augmentations ciblées par rapport au projet du Conseil fédéral. Aussi, je vous recommande de soutenir les propositions de notre commission, raisonnables et dûment ciblées.