Français Olivier · Ständerat · 2016-09-20
Français Olivier · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2016-09-20
Wortprotokoll
J'espère que je serai le dernier intervenant. J'essaierai de faire court. Tout d'abord, je tiens à souligner que je peux reprendre à mon compte bien des propos qui ont été émis, en particulier ceux de mon collègue Cramer, tellement je les trouve pertinents.
Par contre, une chose m'inquiète. Certes, on dit que les tremblements de terre existent, que tout le monde sait qu'un jour il est possible qu'un tremblement de terre affecte notre pays ou une région. Toutefois, certains osent penser qu'un tremblement de terre peut ne toucher qu'une commune et que les conséquences d'un tel événement se limiteraient à la commune, voire au canton. Ce n'est pas ainsi que cela se passe, tout particulièrement dans les régions qui ont été citées. Cela aurait des conséquences non seulement sur les biens, mais aussi sur les personnes, et affecterait notre pays dans sa globalité.
De plus, un séisme a des effets très destructeurs, on l'a dit, qui impliquent aussi des besoins financiers pour la reconstruction. Quand on voit les difficultés qu'ont les pays voisins - je pense en particulier à l'Italie - et au temps qu'il faut pour reconstruire les bâtiments et garantir la sécurité des personnes, on constate qu'il faut des moyens considérables.
Faire croire que l'instrument du concordat sera la solution, je n'y crois pas. Le Parti libéral-radical n'apprécie guère les lois, mais il est en tout cas sûr que, si on laisse les choses s'organiser par le biais d'un concordat, on n'apportera jamais de solution. Il faut assumer nos responsabilités à l'échelle fédérale, ce qui me paraît être une évidence. En cela, je trouve que la motion Fournier 11.3511, "Assurance tremblement de terre obligatoire", et l'initiative du canton de Bâle-Ville sont certes opportunistes, mais légitimes. [PAGE 731]
Il faut arrêter de tourner en rond. Quand dans les années 1990, il y a eu des événements majeurs, rappelez-vous par exemple les premières conséquences du réchauffement climatique, le dégel du permafrost, on a dit qu'il fallait commencer à s'en préoccuper! Après, il y a eu des événements importants dans la vallée d'Engelberg, avec des conséquences dramatiques pour des personnes et des biens. A ce moment-là, on a décidé de créer la plate-forme "Dangers naturels", Planat. Je déclare mes intérêts, car je suis l'un des premiers membres de cette fameuse commission. On nous a dit: "Occupez-vous des dangers naturels." La première chose dont on s'est occupé, ce n'était pas des dangers naturels que j'ai cités, mais des tremblements de terre. Par la suite, il y a eu les secousses telluriques qui ont détruit en partie Kobe, et on s'est rendu compte que les ingénieurs - je rappelle que je suis ingénieur civil - constataient que tous les calculs qu'ils faisaient étaient faux. Il a fallu ces événements au Japon pour comprendre que les tremblements de terre avaient des effets destructeurs sur les ouvrages et qu'il fallait modifier les normes SIA. Encore aujourd'hui, on est en retard quant à la garantie que nos équipements de biens publics, je pense par exemple aux hôpitaux, aient la bonne statique, simplement pour résister aux événements qui sont annoncés avec une magnitude de 5,5 à 6,5 degrés sur l'échelle de Richter.
Il faut que vous soyez conscients que les conséquences d'un tel événement seront tragiques pour notre pays, tant pour les biens que pour les personnes. En cela, il faut s'assurer d'avoir les moyens de réagir rapidement. Sinon, notre première réaction en cas d'événement sismique majeur consistera à nous demander comment faire et avec quels moyens organiser les secours.
Cette initiative cantonale est intelligente; elle prévoit ce qui pourrait se passer en Suisse. Il y va de notre responsabilité. En cela, je ne peux que proposer de donner suite à l'initiative du canton de Bâle-Ville.