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Hêche Claude · Ständerat · 2016-09-26

Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2016-09-26

Wortprotokoll

Dans son rapport Service public, le Conseil fédéral dresse un état des lieux sérieux, sans fermer les yeux sur les problèmes. Toute une série d'améliorations sont proposées, preuve qu'une prise de conscience a eu lieu. Il nous incombe de donner un premier signal au Conseil fédéral et de lui faire part de notre appréciation.

Ainsi, j'estime que le modèle actuel, avec la SSR en tant que fournisseur de contenus ancré dans toutes les régions linguistiques, a fait ses preuves. Notre pays fédéraliste et multilingue a besoin d'un paysage audiovisuel qui tienne compte de tous les groupes de population. Il s'agit d'un facteur essentiel pour l'intégration de tous, et notamment celle des minorités - les minorités linguistiques, les personnes malentendantes ou aveugles, les différentes générations -, et naturellement pour le bon fonctionnement de notre démocratie directe.

Un accent particulier doit toutefois être mis sur les exigences imposées à la SSR, qui doivent être renforcées sans augmentation des ressources. Il s'agit notamment des offres visant le jeune public, de la nécessité de renforcer les coopérations en matière de retransmissions sportives, par exemple, ou encore de plus se concerter avec les radios, les télévisions privées afin de mieux stimuler la concurrence.

Je fais toutefois une lecture un peu plus critique afin que la SSR représente mieux, voire de manière plus équilibrée, les régions du pays. Il faut oser le dire, les réussites économiques, sociales, sportives, culturelles n'ont, du point de vue de la SSR, pas la même importance selon qu'elles proviennent du bassin lémanique ou de l'Arc jurassien, pour ce qui relève de la diffusion de l'information.

Il faut avoir la critique constructive. Les conclusions et recommandations contenues dans ce rapport sont autant d'opportunités à saisir pour s'améliorer. Elles ne doivent pas être des prétextes à utiliser pour remettre en question un modèle, le service public, qui a fait ses preuves depuis de longues années.

Au passage je souligne pour celles et ceux qui multiplient les attaques contre le service public et contre la SSR, qu'ils considèrent comme une "petite reine qui dilapide l'argent public", que fournir par exemple des émissions de qualité dans quatre langues, pour une information qui concerne [PAGE 779] toutes les régions du pays, nécessite des moyens. Informer et enrichir culturellement sa population est une noble mission, c'est celle du service public. Le service public est un élément fondamental de notre cohésion nationale, il est donc primordial de maintenir cette qualité.

Par ailleurs, ce rapport est appelé à avoir des suites concrètes qui vont dans le sens d'une meilleure efficience. Des changements doivent avoir lieu, mais une révolution n'est pas nécessaire. D'autant que l'attribution de nouvelles concessions en 2019 offrira au Conseil fédéral et à notre Parlement l'occasion de procéder à des adaptations.

A propos de notre paysage médiatique, je souhaiterais encore rappeler qu'il y a lieu d'avoir à l'esprit les quelques points suivants. D'abord, le soutien à la SSR n'est pas une manifestation d'hostilité à l'égard des médias privés. La concertation, et peut-être aussi un meilleur respect, doit être améliorée. Ensuite, le soutien aux médias associatifs et régionaux doit être maintenu voire renforcé. Les diffuseurs régionaux et locaux jouent également un rôle vital pour offrir une information de qualité et diversifiée. Enfin, il faut consacrer tous les moyens nécessaires afin de trouver une véritable solution au problème de la publicité sur les chaînes étrangères qui représente un enjeu de 300 millions de francs suisses.

Pour ces quelques raisons, un renvoi du rapport au Conseil fédéral pour un approfondissement ne se justifie pas.