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Brélaz Daniel · Nationalrat · 2016-09-26

Brélaz Daniel · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2016-09-26

Wortprotokoll

Comme cela vient de vous être dit, plus la version qui sortira des travaux des chambres ressemblera à celle du Conseil des Etats - voire, sera meilleure que cette dernière, mais il ne faut peut-être pas trop l'espérer -, plus il y a de chances que le groupe des Verts puisse la soutenir, que ce soit lors de la votation obligatoire sur l'augmentation du taux de la TVA ou que ce soit à l'occasion d'une éventuelle aventure référendaire.

Ce qui est clair aussi, c'est que nous avons enfin un projet qui est pensé pour le long terme. Je suis membre de la Commission des finances, et plus particulièrement de la sous-commission 3, qui s'occupe également de l'Office fédéral des assurances sociales. A ce titre, j'ai pu me convaincre que la réflexion portait non seulement jusqu'en 2035, mais même au-delà. D'ici 2035, l'Office fédéral des assurances sociales estime que la durée de vie aura augmenté de deux ans. Deux ans, cela représente environ 10 pour cent d'augmentation des rentes à l'horizon 2035.

De plus, nous avons également une situation où les baby-boomers, comme on dit, arrivent à l'âge de la retraite, de l'AVS; cela va se prolonger pendant 10 à 15 ans. Cela signifie qu'à partir de 2040, ce phénomène commencera à décroître. Nous avons donc une situation où, avec 1,5 pour [PAGE 1611] cent - c'est l'estimation du Conseil fédéral; le Conseil des Etats et le Conseil national visent plus bas - d'augmentation de la TVA, nous arriverons à une situation, compte tenu des autres mesures prises, d'équilibre. Il est extrêmement dangereux de déséquilibrer un mécanisme comme celui de l'AVS, parce qu'on se retrouve très vite avec des déficits qui se chiffrent en milliards de francs.

En outre, il faut également prendre en considération un deuxième phénomène qui fait que l'idée d'élever l'âge légal de la retraite à 67 ans est absurde, si on l'analyse d'un point de vue économique sur le long terme. Nous avons en effet des craintes assez grandes que, à la suite de l'augmentation de la robotisation et de l'automatisation, un nombre très élevé de places de travail disparaissent ces prochaines années. Est-ce que cela peut aboutir à 5, 10 ou 15 pour cent de chômeurs, ou pire? Personne ne le sait aujourd'hui, évidemment. Ce qui est par contre certain, c'est que s'il y a une diminution du nombre de places de travail et que, simultanément, on force les gens à travailler plus longtemps, il y aura un report sur les autres assurances sociales - chômage, aide sociale, et autres - de tout ce qu'on aura éventuellement pu économiser sur l'AVS.

C'est donc une situation qui peut assez rapidement devenir absurde. Il est aussi absolument clair pour le groupe des Verts qu'il est préférable, si cela est indispensable, d'ici l'an 2040 ou 2045, d'avoir 10 pour cent de TVA plutôt que 10 pour cent de chômeurs. C'est vrai que tous ceux qui poussent pour une retraite à 67 ans, compte tenu des tendances lourdes de la raréfaction du travail, poussent en fait en direction d'une augmentation des coûts du chômage; c'est simplement absurde! Obliger les gens à travailler impérativement plus longtemps pour augmenter le chômage à l'autre bout de la chaîne relève d'un procédé que des économistes ou des gens qui affirment défendre l'économie ne devraient pas promouvoir. Evidemment, si on ne procède qu'à une analyse très partielle du dossier - ce que, heureusement, le Conseil fédéral n'a pas fait - on peut se retrouver confronté à de pareilles contradictions.

Au nom du groupe des Verts, je vous encourage, bien sûr, à entrer en matière, mais également à réfléchir sur le long terme en prenant en considération à la fois le facteur de l'emploi et le facteur du vieillissement de la population. Ce n'est que par un raisonnement global du même type que celui dont s'est fait l'auteur le Conseil des Etats que l'on pourra aboutir à une solution qui ne sera pas simplement jetée au panier par le peuple. Si le peuple devait jeter une telle solution au panier, ce serait beaucoup plus dur, dans cinq ou dix ans, de proposer une nouvelle solution raisonnable, parce que des déficits seraient probablement déjà là.