Comte Raphaël · Ständerat · 2016-11-28
Comte Raphaël · Ständerat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2016-11-28
Wortprotokoll
La session d'hiver du Conseil des Etats est ouverte. Puissent la sagesse et la raison nous accompagner durant l'ensemble de nos travaux!
Monsieur Eberle est excusé pour l'ensemble de la session pour des raisons de santé. Une carte de prompt rétablissement circulera dans les rangs du conseil durant la séance; je vous invite toutes et tous à la signer.
Je vous transmets une autre information concernant l'ordre du jour de la session et le programme. Vous recevrez un document qui vous présente l'ensemble des modifications qui sont apportées au programme. J'attire votre attention sur le fait que des délais d'ordre ont été fixés pour les objets 16.027, "Loi sur les étrangers. Gestion de l'immigration et amélioration de la mise en oeuvre des accords sur la libre circulation des personnes", et 14.088, "Prévoyance vieillesse 2020. Réforme". Vu la complexité de ces objets, le Bureau a décidé de fixer un délai d'ordre, et donc d'inviter l'ensemble des parlementaires qui souhaitent déposer des propositions à le faire avant une certaine date. Vous recevrez ces délais par écrit, mais je vous avertis d'ores et déjà que, en ce qui concerne l'objet 16.027, que nous traiterons mercredi et jeudi, le délai est fixé à demain 13 heures. Je vous remercie de respecter, dans toute la mesure du possible, ces délais.
Le moment que vous attendez tous avec impatience est arrivé. Je vais quitter la présidence du Conseil des Etats. (Hilarité)
Cette année vous aura sans doute semblé longue, très longue. Pour ma part, j'ai l'impression qu'elle a duré une seconde et que je viens à peine de m'asseoir sur ce fauteuil. Assurément, le temps est une notion toute relative.
Au moment de rentrer dans le rang, je tiens à vous remercier toutes et tous pour la confiance que vous m'avez témoignée et pour le soutien que vous m'avez apporté durant mon année de présidence. Certes, vous avez été presque trop sages, trop conciliants, et vous m'avez donc largement facilité la tâche. Je ne vous en ferai pas grief: grâce à vous, la cloche est un instrument décoratif au Conseil des Etats, et le brouhaha s'arrête aux antichambres de notre salle.
J'adresse en particulier toute ma gratitude aux membres du Bureau du Conseil des Etats, qui m'ont fidèlement entouré et supporté dans tous les sens du terme. Nous avons constitué une équipe soudée, et je leur en sais gré, car cela ne va pas toujours de soi dans le monde politique, où la concurrence est souvent la règle. Les membres du Bureau sont promis à un destin radieux, le fauteuil présidentiel leur tend les bras. Si vous les élisez à la présidence - et je ne peux que vous inviter à le faire -, je sais que le Conseil des Etats sera entre de bonnes mains, et je leur souhaite par avance de trouver dans cette fonction autant de satisfaction que j'y ai moi-même trouvé.
Je souhaite à celui qui va me succéder, et dont le nom ne sera connu qu'au terme d'un incroyable suspense, de profiter de chaque instant et de saisir toute les magnifiques occasions qu'offre cette noble fonction.
Ma reconnaissance va également aux Services du Parlement. Dans ma grande naïveté, je croyais que la perfection n'existait pas, et pourtant je l'ai rencontrée en la personne de la secrétaire de notre conseil, Madame Martina Buol, et de l'ensemble des collaboratrices et collaborateurs des Services du Parlement. Merci à chacune et à chacun pour la qualité de leur travail et pour leur engagement sans faille. Avec des services aussi efficaces, on pourrait presque se passer de président.
Dans quelques minutes, je serai à nouveau parmi vous dans l'hémicycle. Je ne sais pas si c'est pour vous ou pour moi que ce sera le plus difficile. En fait, je ne sais pas exactement ce que l'on ressent en descendant du perchoir: sans doute une forme de décompression, peut-être une légère dépression - à partir de maintenant, que vais-je faire de mes soirées, à quoi vais-je occuper les longs week-ends d'hiver qui se profilent? Je compte notamment sur les anciens présidents, dont plusieurs sont dans la salle et qui ont vécu ce que je vais vivre, pour m'apporter en cas de nécessité un soutien psychologique et rendre ce moment le moins douloureux possible. [PAGE 882]
Durant mon année présidentielle, j'ai effectué un tour de Suisse avec une visite officielle dans chaque canton, ce qui m'a permis d'aller à la rencontre de la population et de vivre concrètement la diversité de la Suisse. La cohésion nationale exige que nous prenions le temps d'aller vers l'autre pour l'écouter, pour le comprendre. La proximité entre autorités et population est fondamentale; c'est une qualité majeure de notre système politique, et nous devons la cultiver. Si la Suisse est un Etat fédéral, ce n'est pas par hasard: toutes les différences qui font la richesse de la Suisse imposent que l'on laisse la marge de manoeuvre la plus grande possible aux cantons.
Ce n'est qu'ainsi que les réponses politiques apportées aux différents problèmes peuvent être adaptées à la réalité de chaque région. Notre pays a besoin de subtilité et de mesure.
Enfin, permettez-moi de formuler un ultime voeu. Par-dessus tout, je souhaite que le Conseil des Etats continue à jouer pleinement son rôle, un rôle si utile à notre système politique et à notre pays. La Suisse a besoin de consensus pour exister, et ce dernier nécessite un dialogue permanent, un dialogue sincère où chacun essaie d'aller à la rencontre des préoccupations de son interlocuteur et où une concession n'est pas vue comme une défaite. Cette culture de dialogue et d'écoute, exempte de toute passion inutile, est la marque de fabrique de notre conseil. Nous devons tous avoir à coeur de la défendre et de la faire vivre.
Ce qui fait la force du Conseil des Etats, c'est l'indépendance d'esprit de ses membres et leur refus d'être de simples porte-parole d'intérêts particuliers. Si nous gardons toujours cela en tête, si nous résistons aux pressions qui sont parfois faites pour changer, pour dénaturer notre chambre, alors nous pourrons continuer à apporter une contribution décisive à la recherche de solutions constructives pour notre pays et pour nos concitoyens.
"Malheureux le pays qui a besoin de héros", disait Bertolt Brecht. La Suisse n'a assurément pas besoin de héros, et c'est sans doute pour cela que le pouvoir change régulièrement de mains et que nous préférons l'exercer de manière collective. Les présidents sont de simples serviteurs qui acceptent, pendant quelques mois, d'incarner une fonction avant de la remettre à leurs successeurs. Seules comptent les institutions qui, elles, perdurent et nous garantissent nos libertés et nos droits. Les pays n'ont pas besoin de héros, ils ont besoin d'institutions solides.
Je vous réitère donc mes plus vifs remerciements pour l'année exceptionnelle que je viens de vivre et que je vous dois totalement. Je souhaite plein succès à celui qui va me succéder et qui saura, j'en suis sûr, diriger nos débats de main de maître et représenter dignement notre conseil en toute occasion. Merci à toutes et à tous, et que cette session soit l'occasion de débats nourris et de décisions pleines de sagesse, comme toujours! (Applaudissements)
Avant de commencer nos travaux, je vous propose un petit intermède musical. J'ai le plaisir d'accueillir l'ensemble "Streichmusik Neff".
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Anna-Koch-Jodel
Mys Appezöll
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Streichmusik Neff, Appenzell Innerrhoden
Musique à cordes Neff, Appenzell Rhodes-Intérieures
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Le président (Comte Raphaël, président): Je remercie l'ensemble "Streichmusik Neff" pour ce très beau prélude musical qui nous donne vraiment envie d'aller à Appenzell mercredi! (Applaudissements)
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