Amarelle Cesla · Nationalrat · 2016-11-29
Amarelle Cesla · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2016-11-29
Wortprotokoll
Tant le Conseil des Etats que le Conseil fédéral et la Commission des finances de notre conseil souhaitent une augmentation disproportionnée des efforts d'économies dans le domaine de la coopération internationale. Après le refus par le Conseil des Etats d'une coupe supplémentaire de 100 millions de francs, notre conseil se trouve confronté à des coupes de l'ordre de 100 millions, voire 300 millions de francs, pour 2018-2019.
Le groupe socialiste vous invite à refuser cette logique et à maintenir le niveau actuel des contributions. Cela revient à renoncer aux réductions des crédits DDC et SECO destinés à la coopération internationale et donc à soutenir la proposition de la minorité III (Hadorn).
Depuis plusieurs années, tant le Conseil national que le Conseil des Etats se sont prononcés en faveur de l'objectif d'attribution de 0,5 pour cent du revenu national brut à l'aide publique au développement. Cet objectif a été atteint en 2014, puis dépassé en 2015. Toutefois, l'année 2016 marque un coup d'arrêt puisque la coopération internationale a été amputée de 116 millions de francs. Vient désormais encore s'ajouter le programme de stabilisation qui casse définitivement le "trend", le cercle vertueux, et s'oriente vers un taux plus bas fixé à 0,48 pour cent. Ce taux demeure inférieur à l'objectif d'attribution de 0,7 pour cent du revenu national brut à l'aide publique au développement, qui demeure l'objectif à moyen et long termes fixé par l'ONU. Il est incompréhensible de constater que les pays européens, qui se trouvent pourtant dans des situations économiques et financières plus difficiles que la nôtre, ont maintenu le niveau de leurs contributions.
Accepter les coupes proposées par le Conseil fédéral et celles, plus graves, souhaitées par la Commission des finances, revient à anéantir des programmes d'aide au Maghreb, au Moyen-Orient et en Afghanistan; on est loin des anecdotes évoquées par l'un des membres de ce conseil. Il faut donc investir pour mieux répondre aux besoins, pour réguler les mouvements migratoires et faire en sorte que l'aide au développement soit synonyme de l'accès à l'emploi, de l'ouverture d'opportunités, du quotidien amélioré et de l'accès à l'hygiène dont le monde a besoin aujourd'hui.
Dans ce contexte, vouloir économiser 24 pour cent, comme le souhaite le Conseil fédéral, est, en soi, une profonde ineptie. Ceci est inéquitable du point de vue du principe de l'équivalence des sacrifices, qui devrait soutenir ici l'idée que chaque secteur consent dans ce domaine à sa part d'efforts. [PAGE 1883]
Je vous invite à accepter la proposition de minorité III (Hadorn) et, par la suite, les propositions des minorités Carobbio Guscetti et Quadranti visant notamment à soutenir la Revue Suisse.