Brélaz Daniel · Nationalrat · 2016-11-30
Brélaz Daniel · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2016-11-30
Wortprotokoll
Les coupes transversales sont une conséquence directe des manoeuvres que la Commission des finances a effectuées pour compenser les fameux 400 millions de francs dont j'ai parlé tout à l'heure. Puisqu'on ne peut compenser que partiellement dans le domaine de l'asile, on y va de toutes sortes de coupes dans les domaines les plus divers: on enlève 60 millions de francs dans toutes les expertises, 18 millions dans les techniques relatives à l'information et à la communication, 50 millions dans le personnel, et ainsi de suite. En outre, Monsieur Thomas Aeschi et le groupe UDC surenchérissent dans un certain nombre de domaines: 50 millions de francs dans le domaine du personnel, ce n'est pas assez, ils proposent un peu moins de 200 millions et, vogue la galère, le Conseil fédéral n'a qu'à se débrouiller. Le Parlement fixe des chiffres au petit bonheur la chance, et l'intendance suivra.
Ce n'est pas vraiment sérieux. Vous avez été élus pour faire un travail sérieux et non pas pour faire un travail où on lance des chiffres au hasard en se disant que l'intendance suivra. C'est particulièrement spectaculaire de constater que la majorité du Conseil fédéral, à savoir quatre de ses représentants, est systématiquement désavouée par ses troupes sur ces domaines. Est-ce que vous considérez qu'ils ont mal travaillé? Est-ce que vous considérez que, finalement, quelle que soit la composition du Conseil fédéral, il n'y a qu'à y aller à la tronçonneuse, et que l'on verra bien ce qui se passera après?
Je le répète: tout cela résulte de cette fameuse idéologie qui consiste à ne pas vouloir admettre que les 400 millions de francs dans le domaine de l'asile sont vraiment une charge extraordinaire.
On sait évidemment que, d'ici quelques mois, si nous devions avoir besoin de crédits supplémentaires dans le budget, comme il y a 1 milliard de francs d'économies automatiques sur les crédits non dépensés et qu'on en verra certainement déjà apparaître quelques centaines de millions au premier bilan, le risque d'avoir des ennuis avec le frein à l'endettement par la suite est assez minime. Mais ce n'est pas une raison pour prendre des précautions consistant à couper partout pour montrer que nous sommes de bons élèves et que le Conseil fédéral ne l'est pas.
Les Verts, bien que ne constituant pas un parti gouvernemental, feront preuve d'une constance extraordinaire, dans le bloc 1, dans leur tendance à suivre le Conseil fédéral sur à peu près tous les points. Il est étrange que la majorité gouvernementale fasse exactement le contraire, mais cela fait partie des contradictions de l'âme humaine et des incohérences de la politique.