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preparatory:AB 208

Guisan Yves · Nationalrat · Waadt · Freisinnig-demokratische Fraktion · 1999-12-09

Wortprotokoll

Les différents intervenants en faveur de l'initiative populaire ont souligné qu'ils partagent largement l'analyse de la menace telle qu'elle figure dans le rapport du Conseil fédéral "La sécurité par la coopération". Mais, curieusement, ils se refusent à en tirer les conséquences pratiques et ne veulent décidément rien entreprendre pour faire face à la violence lorsqu'elle se manifeste.

Il ne suffit pas de lutter contre les disparités économiques: la guerre du Kosovo l'a bien démontré, ses causes sont beaucoup plus ethnoreligieuses qu'économiques, en effet. A vous entendre, il faudrait pratiquer la politique de sécurité telle que la préconise le Conseil fédéral, mais en laissant les uniformes et les armes à la maison pour qu'elle ne coûte rien. En quelque sorte, faire du militaire sans être militaire. A Mme Haering Binder, quand elle s'en prend au dispositif Bison, j'aimerais répondre qu'il est tout à fait conforme à la conception de son ami allemand Lutz Unterseher, qu'elle a mise en avant en commission. Même si l'"Armée XXI" est appelée à effectuer d'autres missions, en particulier dans le cadre de la coopération internationale, il n'est pas question de renoncer à la défense du territoire du pays, qui reste sa tâche première. A MM. Banga et Gross Andreas: une fois encore, les mesures à prendre pour faire face aux nouvelles menaces - terrorisme, crime organisé, guerre électronique, missiles de croisière, etc. - demandent des dispositifs très sophistiqués qui ne sont plus accessibles individuellement à chaque Etat. J'aimerais le signaler en particulier à M. Baumann. C'est pour cette raison qu'une coopération internationale est absolument incontournable. S'y refuser, c'est renoncer à offrir à notre population des conditions de sécurité optimales.

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Elles exigent également davantage de professionnalisation en raison de développements techniques extrêmement complexes. Il en coûtera donc plutôt davantage que moins.

MM. Rennwald, Jossen, Mugny, Mme Leutenegger et d'autres reprochent aux autorités fédérales de ne pas faire preuve de la même compassion pour la perte des emplois privés que pour les emplois publics. La commission a constaté à ce propos que les possibilités de l'Etat se limitent à des conditions-cadres pour permettre à l'initiative privée de s'exprimer pleinement et à son rôle d'employeur que, précisément, il prend particulièrement à coeur.

Cette politique nous a, semble-t-il, particulièrement bien réussi, puisque nous avons l'un des taux de chômage les plus faibles d'Europe, si ce n'est du monde. Dois-je rappeler que l'interdiction constitutionnelle du chômage, que vos amis d'une fois avaient instituée, n'a pas mis à l'abri de pertes d'emploi ni de crises économiques majeures. C'est bien pour cela que le mur de Berlin est tombé en 1989, et pour rien d'autre.

La commission s'est donc penchée sur tous ces éléments, pour constater une fois encore qu'il s'agit d'une opération de démantèlement de l'armée par la petite porte. Mme Hollenstein l'a répété explicitement une nouvelle fois ici: cette initiative est un premier pas vers la suppression de l'armée.

La commission vous recommande donc de rejeter l'initiative populaire, sans contre-projet. Elle l'a décidé par 16 voix contre 6 et avec 1 abstention, ce qui me permet de dire à M. Marti que lorsque les voix s'expriment, elles sont inversement proportionnelles au nombre d'orateurs.