Maury Pasquier Liliane · Ständerat · 2016-12-06
Maury Pasquier Liliane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2016-12-06
Wortprotokoll
Comme l'a fait l'auteur du postulat, je soulignerai l'importance du grave problème dont il est question ici. Les abus sexuels sont parmi les pires formes de violence infligée aux enfants. Or, en Suisse, on estime que pas moins de 8 pour cent des garçons et 22 pour cent des filles sont victimes d'au moins un abus sexuel.
Si l'on regarde maintenant du côté des abuseurs potentiels, il semblerait qu'un nombre très important de personnes soient concernées. L'extrapolation de données canadiennes à la Suisse permet de supposer qu'environ 50 000 adultes ressentiraient une attirance sexuelle à l'égard d'enfants, d'où l'importance de cibler les auteurs potentiels, dans le but de mieux prévenir les abus sexuels, mais aussi de ne pas faire porter aux enfants le poids et la responsabilité de se protéger eux-mêmes.
C'est ainsi que différentes structures en Suisse, cela a été évoqué, se sont inspirées de projets menés avec succès - en tout cas avec un certain succès - en Allemagne, en Angleterre et aux Etats-Unis, qui s'adressent aux auteurs potentiels avant le passage à l'acte, parmi elles l'association Dis No en Suisse romande, qui est soutenue par la Confédération depuis 2014.
Le présent postulat demande une évaluation des différentes structures déjà à l'oeuvre en Suisse. Sur cette base, il s'agira d'examiner la pertinence de mise en place d'un projet de ce type dans tout le pays.
Je rappelle que la Convention du Conseil de l'Europe sur la protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels, dite Convention de Lanzarote, que la Suisse a ratifiée, prévoit notamment que les auteurs potentiels d'abus sexuels sur des enfants puissent accéder à des programmes de prévention. Des campagnes d'information et de prévention existent d'ailleurs dans bien d'autres domaines de la santé publique, s'agissant par exemple de dépendance ou de violence conjugale. Or, les abus sexuels commis sur les enfants ont des conséquences très lourdes pour les victimes, qui sont souvent marquées à vie, ainsi que pour l'ensemble de la société.
La Suisse doit protéger ses enfants et, à cet égard, mieux vaut avant tout éviter que l'irréparable soit commis, autrement dit: "Mieux vaut prévenir que prendre le risque de ne pas pouvoir guérir."