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Addor Jean-Luc · Nationalrat · 2016-12-12

Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2016-12-12

Wortprotokoll

La proposition de la minorité Glättli est symptomatique de tout le processus qui s'achève cette semaine. D'une manière générale, on voit bien qu'elle vise par toutes sortes de moyens, que ce soit par les exigences ou par les délais, une intégration avec un seuil bas. Je n'ai donc pas besoin de vous dire que, dans le cas de figure dont traite la minorité Glättli, le groupe UDC est d'avis que l'intéressé attende cinq ans et pas simplement trois ans avant de prétendre à nouveau à une autorisation d'établissement.

La proposition de la minorité Glarner touche, elle aussi, à une des réalités de l'immigration que les autres groupes politiques ne veulent malheureusement pas voir. Que cela nous plaise ou non, nous avons affaire à des gens qui ne veulent tout simplement pas s'intégrer, qui ne sont pas disposés à faire l'effort de s'intégrer chez nous, qui vont même parfois plus loin en voulant de temps à autre tout simplement nous imposer leurs propres règles. C'est ce genre de situation, entre autres, qui est visé par la proposition de la minorité Glarner. Je regrette donc que la majorité de la commission ne soit pas prête à prendre en compte cette composante. Madame Amarelle a parlé tout à l'heure d'un critère indéterminé. Tel n'est pas le cas, la proposition de la minorité Glarner fait référence à une réalité. Alors, revêtir d'oripeaux juridiques ou pseudo-juridiques le refus de voir la réalité, ce n'est pas faire acte de responsabilité, à mon avis, pour un parlement.

De manière générale, j'aimerais quand même revenir sur quelques points concernant le projet de loi. On a l'impression qu'on inverse complètement ce que devraient être les vraies priorités. Si un étranger veut venir en Suisse et y rester, la moindre des choses, c'est que nous exigions des efforts de sa part, plutôt que d'imposer à l'Etat toutes sortes de tâches pour que cette personne fasse ce qu'elle devrait faire [PAGE 2153] elle-même volontairement. Tout ce système va encore renforcer cette approche, qui est fondamentalement fausse.

Il y a encore un autre élément qui est fondamentalement faux. On sait qu'un des facteurs importants, pour ne pas dire décisifs, de l'immigration de masse - que personne, malheureusement, ici, ou en tout cas pas suffisamment de monde, n'est disposé, comme le veut le peuple, à combattre sérieusement -, c'est l'abus en matière d'admissions provisoires.

Et que nous est-il proposé dans le projet? Autoriser les étrangers au bénéfice d'une admission provisoire à exercer une activité lucrative dans toute la Suisse, quel que soit le motif de l'admission provisoire, donc y compris les personnes qui ne peuvent pas être refoulées dans leur pays d'origine parce que ces pays ne veulent pas conclure d'accord de réadmission avec la Suisse. C'est donc l'occasion, une fois de plus - on l'a déjà dit à quelques reprises dans le débat -, de relever que les vrais défenseurs des travailleurs suisses en concurrence sur le marché du travail avec les travailleurs étrangers ne sont pas toujours du côté de la salle que l'on croit.

Alors, fondamentalement, la question est celle de savoir ce qu'on veut faire pour combattre l'invasion migratoire que subit la Suisse. Veut-on rendre notre pays plus attractif sans restaurer des contrôles sérieux aux frontières? Ou, au contraire, veut-on faire ce qu'on peut, avec un tel projet, pour en tout cas éviter d'encourager encore plus cette invasion?

Vous avez compris quelle est l'optique du groupe UDC.