Berger Michèle · Ständerat · 2002-03-13
Berger Michèle · Ständerat · Neuenburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2002-03-13
Wortprotokoll
Je vais aussi plaider la cause des étudiants, mais pas dans le même sens que l'a fait M. Bieri parce qu'il l'a fait sous l'angle des directeurs de l'instruction publique. Je vais prendre davantage la défense des étudiants en vous rappelant qu'un jeune qui vient d'obtenir sa maturité a le choix, soit de commencer son école de recrues à la suite de ses examens, soit de la retarder d'une année parce qu'il a envie, après toutes ces années d'études, de faire un voyage ou encore parce qu'il a envie de trouver un travail rémunéré, souvent pour aider ses parents à financer ses futures études.
Si l'étudiant commence son école de recrues dès sa formation gymnasiale achevée, il la finira, avec le modèle de 20 semaines qui nous est présenté, peu avant Noël et aura donc perdu 9 des 14 semaines du semestre d'hiver. Il est donc exclu pour lui de s'inscrire au semestre d'été et, s'il ne souhaite pas continuer sa formation militaire, il aura perdu une année d'université ou de HES. Il lui reste donc la possibilité de scinder sa formation en deux modules. Mais à mon avis, c'est un voeu pieux. Soit l'étudiant est très motivé à concilier une carrière militaire avec ses études et il souhaite faire son école de recrues en un bloc, soit il n'est pas motivé et ce n'est en tout cas pas dans ce cas-là qu'il va consacrer deux étés pour faire son école de recrues, et encore moins deux, trois, voire quatre étés pour sa formation militaire supérieure. Souvent, entre les périodes militaires, il y a les examens et, entre ceux-ci, l'étudiant a encore envie de faire autre chose. Je constate aussi que la possibilité de scinder l'école de recrues existe déjà aujourd'hui, mais elle est fort peu pratiquée et demandée.
Aujourd'hui encore, l'étudiant a le choix de concilier une carrière militaire et des études ou considérer uniquement sa formation universitaire, avec la mobilité qui lui est offerte de faire des études à l'étranger. A ce moment, cela devient plus difficile de concilier avancée militaire et organisation de ses études.
La raison pour laquelle le Conseil fédéral tient à la formation longue, si j'ai bien compris, c'est pour que la formation des soldats soit meilleure. Est-ce que l'armée en sera aussi efficace?
A mon avis, il faut davantage professionnaliser l'armée, comme le veut d'ailleurs la loi, et garder une école de recrues de 18 semaines. Mais il est important aussi que les gymnases et les universités se mettent d'accord pour que les étudiants puissent faire leur école de recrues après la maturité, c'est-à-dire qu'elles s'organisent pour que les étudiants arrivent à rater le moins de cours possible en entrant [PAGE 152] à l'université. C'est ce que la réforme des universités propose aujourd'hui, puisqu'elle souhaite avoir un semestre d'été de 14 semaines, un semestre d'hiver de 14 semaines et une pause de 18 semaines l'été, ce qui permettrait alors de faire son école de recrues d'un seul bloc.
A mon avis, c'est la seule façon d'inciter les étudiants à s'investir dans la formation militaire sans leur imposer trop de sacrifices et sans rallonger leurs études. Car il faut savoir qu'aujourd'hui, la tendance est justement à raccourcir et à harmoniser les études avec les pays qui nous entourent. De plus, je ne souhaite pas que ces jeunes qui essaient de concilier le service militaire avec la formation universitaire soient défavorisés en perdant une année d'université par rapport à ceux qui ne sont pas astreints au service militaire.
J'ajoute encore que les risques d'un service militaire trop long pour les étudiants est aussi celui de voir davantage de jeunes qui tenteront de se soustraire ou d'échapper à leur obligation militaire. Or je suis convaincue que l'armée a tout avantage à ne pas prendre ce risque. Il est donc important pour elle aussi d'avoir des étudiants dans ses rangs.
Je vous demande donc de voter la proposition de la majorité qui préconise que l'école de recrues puisse se faire en 18 semaines.