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Page Pierre-André · Nationalrat · 2017-03-07

Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2017-03-07

Wortprotokoll

En complément de l'intervention de Monsieur Walter, je me permets d'insister sur certains points essentiels de ce contre-projet et de son interprétation.

Je rappelle mes liens d'intérêts, je suis paysan producteur de lait, de betteraves à sucre, de colza et de différentes céréales dans le canton de Fribourg. J'ai donc un lien direct avec cette problématique.

Le contre-projet met en évidence l'approvisionnement de notre population en denrées alimentaires. La production indigène doit ainsi être la première mesure pour assurer la sécurité alimentaire de la Suisse. Ce principe de base a été clairement formulé dans la cadre du rapport de la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des Etats, et également par Monsieur le conseiller fédéral Schneider-Ammann lors de son intervention devant ce même conseil.

Dans le même sens, le contre-projet reprend l'objectif principal de l'initiative "pour la sécurité alimentaire", qui demande un renforcement de la production indigène. Il élargit cependant l'approche en intégrant toute la filière, de la fourche à la fourchette.

L'article 104a lettre a veut préserver les terres agricoles. Il s'agit de toutes les terres agricoles, des terres noires maraîchères aux surfaces d'estivage situées à plus de 2000 mètres. Dans le rapport de la commission du Conseil des Etats, il est précisé, à juste titre, que la compétence de l'application de l'aménagement du territoire restait du ressort des cantons.

La lettre b renforce le principe d'une agriculture multifonctionnelle et diversifiée.

La lettre c vise une agriculture et un secteur agroalimentaire répondant aux exigences du marché. Il s'agit avant tout de répondre aux attentes des consommateurs qui souhaitent des produits de haute qualité, avec une traçabilité fiable. Il est également primordial pour la filière d'avoir une répartition équilibrée de la valeur ajoutée, tenant compte des coûts de chacun. Il faut également une équité dans la filière de production alimentaire dans notre pays.

Comme il est mentionné à la lettre d, notre approvisionnement en denrées alimentaires dépend aussi de bonnes relations transfrontalières.

Nous savons tous qu'un taux d'autoapprovisionnement de cent pour cent n'est pas possible dans notre pays. Ces relations commerciales transfrontalières doivent permettre un développement durable de notre agriculture, mais aussi de l'agriculture des pays d'où proviennent nos importations, un développement durable avec ces trois dimensions: sociale, économique et écologique.

Ce contre-projet nous permettra de lutter contre le dumping des prix, mais aussi contre le dumping en matière de respect de l'environnement. Je le rappelle: la production indigène doit être la première mesure; on consomme d'abord ce qui pousse dans son jardin avant d'aller s'approvisionner à l'extérieur. Les mesures de protection à la frontière, telles qu'elles sont notifiées dans les accords de l'Organisation mondiale du commerce doivent être maintenues.

La lettre e doit se concrétiser par une prise de conscience de toute la filière, des producteurs aux consommateurs. Je n'ai, comme paysan, aucune satisfaction à voir le résultat de mon travail finir dans une poubelle. Il est important de redonner une meilleure valeur à ce que l'on consomme chaque jour en respectant le travail de tous les acteurs de la filière.

J'ajouterai un mot sur la simplification administrative qui fait l'objet du deuxième paragraphe de l'initiative "pour la sécurité alimentaire". Ce principe n'est pas repris dans le contre-projet direct, mais il constitue pourtant une forte préoccupation pour le monde agricole. Monsieur le Conseiller fédéral Schneider-Ammann a reconnu cette problématique. Elle ne concerne d'ailleurs pas uniquement l'agriculture. Il sera primordial, dans le cadre de la future politique agricole, d'adopter des améliorations concrètes dans ce domaine. Nous resterons très attentifs à cette problématique.

En conclusion, je vous recommande de soutenir ce contre-projet direct à l'initiative "pour la sécurité alimentaire".