Mazzone Lisa · Nationalrat · 2017-03-09
Mazzone Lisa · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2017-03-09
Wortprotokoll
Aujourd'hui encore, plus de 45 pour cent de toute l'énergie consommée en Suisse est utilisé pour chauffer les bâtiments et l'eau chaude sanitaire. Cette part est encore plus importante si l'on tient compte de l'énergie consommée par les dispositifs techniques importants. Il faut donc intervenir en priorité dans ce secteur si l'on veut réduire la consommation d'énergie, les émissions de CO2 et la dépendance à l'égard de l'étranger. C'est ce que nous cherchons à faire tant par la Stratégie énergétique 2050 que par notre engagement en faveur du climat, qui a encore été validé la semaine dernière dans cette salle.
L'amélioration de l'efficacité énergétique du parc construit avance à un rythme nettement insuffisant. Chaque année, moins de 1 pour cent des bâtiments est rénové. Et encore, tous ne le sont pas de manière optimale du point de vue énergétique. Il faudrait, si l'on continuait de cette manière, plus de cent ans pour atteindre un état satisfaisant du parc immobilier. Cent ans, c'est trop long si l'on tient compte des enjeux qui se présentent à nous, en l'occurrence l'urgence sur le plan climatique. Pourtant, la technique a progressé, elle, rapidement, au point que si l'on rénove un immeuble des années 1970 selon un standard Minergie, il consomme ensuite quatre fois moins pour le chauffage et l'eau chaude. Année après année, les entreprises, les ménages, les collectivités publiques dilapident en Suisse près de 10 milliards de francs en pertes d'énergie qui seraient pourtant évitables. C'est donc dans l'intérêt non seulement de l'économie, mais [PAGE 326] aussi du porte-monnaie des ménages. Il serait donc hautement souhaitable que le Conseil fédéral examine la question de façon plus approfondie et propose des mesures énergétiques efficaces pour améliorer la situation afin d'atteindre rapidement des objectifs ambitieux d'amélioration énergétique des bâtiments.
Entre le dépôt du postulat et aujourd'hui, la Stratégie énergétique 2050 a été acceptée par le Parlement et dans quelques mois elle sera également acceptée, je l'espère, par la population, en votation. La Stratégie énergétique 2050 apporte une réponse en tout cas au chiffre 2 du postulat qui prévoit "des mesures financières d'incitation pour favoriser une augmentation du taux annuel de rénovations énergétiques des bâtiments". En revanche, pour ma part, j'estime que les autres chiffres du postulat pourraient être pris en compte pour répondre à l'enjeu que représente l'assainissement énergétique des bâtiments, à savoir le chiffre 1 "l'encouragement de la collaboration entre le Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche, les maîtres d'ouvrages, les architectes et les entrepreneurs dans ce domaine"; le chiffre 3 "l'encouragement de la construction de bâtiments à énergie positive"; le chiffre 4 "l'encouragement de la construction de bâtiments autosuffisants en énergie, en des lieux isolés"; et surtout, et c'est sur ce point précis que je pense que le Conseil fédéral peut encore s'engager bien davantage de manière coordonnée avec les cantons, le chiffre 5 "l'encouragement de quartiers à énergie positive".
Il va de soi que ces mesures doivent être réalisées de concert avec les cantons. Il s'agit d'examiner quelles mesures supplémentaires on pourrait introduire, et comment on pourrait soutenir et accompagner les cantons et les communes dans cette recherche de l'énergie gaspillée, cela dans une dynamique positive en faveur d'une efficacité énergétique et d'une protection du climat.