Reynard Mathias · Nationalrat · 2017-03-16
Reynard Mathias · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-03-16
Wortprotokoll
Cette intervention fait suite au postulat 14.3470, "Droit de vote à 16 ans et renforcement de l'éducation à la citoyenneté", déposé en juin 2014. Malgré le soutien du Conseil fédéral, ce dernier avait été classé l'an dernier après deux ans en suspens.
J'ai donc déposé le présent postulat globalement similaire au précédent en décembre dernier. Le Conseil fédéral, dans sa nouvelle composition, a étonnement recommandé le rejet de cette proposition. Alors qu'il se disait prêt, en 2014, à élaborer un rapport qui analyse les instruments adéquats pour stimuler la participation politique des jeunes, le Conseil fédéral ne semble à présent plus émettre d'intérêt à ce sujet. La problématique du manque de participation politique des jeunes n'a pourtant malheureusement pas été résolue entre-temps. Les arguments liés au fort taux d'abstention des jeunes restent donc d'actualité.
Dans un pays où nous sommes fiers, à raison, de nos droits populaires et de notre démocratie semi-directe, cette situation ne peut pas nous satisfaire. Nous ne pouvons pas nous contenter de regretter, votation après votation, élection après élection, le faible taux de participation de la jeunesse aux scrutins populaires. Nous avons la responsabilité d'y remédier en proposant des solutions concrètes, innovantes. C'est exactement ce que suggère ce postulat, qui charge le Conseil fédéral d'"examiner l'opportunité" de mesures permettant de renforcer la participation politique des jeunes.
Parmi les mesures proposées, je souligne en premier lieu le renforcement de l'éducation à la citoyenneté, parce que celle-ci varie grandement dans notre pays, en fonction du professeur, de l'établissement et de la région linguistique, parce que cette éducation à la citoyenneté reste globalement très maigre, très lacunaire.
Ensuite, je relève la mise sur pied de campagnes de sensibilisation politique à destination des jeunes - parce que l'information officielle reste pour le moment peu adaptée à la jeunesse - ou encore un éventuel abaissement du droit de vote à 16 ans. L'exemple de l'Autriche montre en effet qu'une telle mesure permet une participation plus importante des jeunes, et à long terme.
Enfin, le postulat intègre également la possibilité, envisagée par une initiative populaire dans le canton de Neuchâtel, d'un droit de vote dès 16 ans, mais sur demande. Ainsi, les jeunes entre 16 et 18 ans devront, s'ils sont motivés, demander personnellement leur inscription au registre électoral, afin de pouvoir exercer leur droit de vote. La mesure mérite au moins d'être étudiée.
Sans prétendre qu'une seule de ces propositions prise de façon isolée puisse régler cette problématique, j'estime que nous ne devons pas rester les bras croisés. Saisissons l'occasion d'évaluer différentes mesures permettant d'améliorer la participation politique des jeunes. Cela nous concerne tous.