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Béguelin Michel · Ständerat · 2002-03-20

Béguelin Michel · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2002-03-20

Wortprotokoll

Je m'adresse tout d'abord à M. Büttiker pour relever juste un petit détail, mais qui a son importance. Il a dit tout à l'heure que les chemins de fer transportaient 34 millions de tonnes. Ce n'est pas juste. Les chemins de fer transportent 34 pour cent du trafic marchandises et cette part représente 60 millions de tonnes. Il n'y a de toute façon pas de lutte entre le rail et la route, les deux se complètent, mais c'était simplement pour préciser la réalité des chiffres.

Maintenant, il s'agit, bien sûr, de trouver une solution constructive. La stratégie "Dosierung" avec feu rouge n'est pas une solution permanente acceptable, c'est clair. Mais, à mon sens, il ne faut pas supprimer la "Dosierung", il faut plutôt le gérer et l'aménager. Pour moi, c'est là tout l'enjeu.

Que se passe-t-il avec la "route intelligente"? Maintenant, il est absolument nécessaire d'informer les camionneurs au nord et au sud sur tout ce qui va se passer. Là, il y a des moyens télématiques - je pense à des sites Internet, à des tableaux d'information sur les autoroutes, etc. - pour que les chauffeurs puissent savoir à l'avance quel est l'itinéraire à prendre, éventuellement quel est le temps d'attente, et s'organiser en conséquence. Cela me paraît vraiment importantissime d'agir dans ce sens.

Se pose alors la question pratique. Quels moyens financiers et quels moyens humains le Conseil fédéral se donne-t-il pour agir rapidement? Avec Swissair, le Conseil fédéral a dégagé des solutions en 48 heures à hauteur de 2 milliards de francs. Je suppose que pour trouver à court terme - je ne connais pas l'ordre de grandeur - peut-être 10 ou 20 millions de francs et quelques collaborateurs pour assurer la supervision et gérer les courants de trafic routier, ça devrait être possible. De toute façon, la collaboration avec les associations d'automobilistes et de camionneurs est acquise. Il s'agit de la renforcer.

Un deuxième point après la "route intelligente": Comme M. Bieri, je m'étonne et je trouve incompréhensible que le Conseil fédéral laisse les CFF supprimer le service d'autoroute roulante entre Brunnen et Lugano. Les CFF disent qu'ils ne veulent plus ce service. Mais alors, qui commande en matière de politique des transports? Les CFF ou le Conseil fédéral?

Bien sûr, les CFF connaissent très bien le principe "qui commande paie", et ils savent bien en jouer. Mais quand même! Le département ne peut pas se borner à constater que les CFF suppriment ce service. A mon avis, il doit agir et se donner surtout les moyens d'agir et de rendre cette navette entre Brunnen et Lugano performante et attrayante.

Troisième élément, concernant toujours les CFF, et c'est un nouvel exemple de l'opposition qui existe entre la politique d'entreprise des CFF et la politique des transports de transfert de la route au rail et où l'on constate qu'il y a de plus en plus de divergences: Il s'agit du trafic détourné du Mont-Cenis. La SNCF est en train de refaire complètement la ligne du Mont-Cenis; 30 pour cent de ce trafic est détourné via la Suisse. Les CFF ne veulent pas utiliser la ligne du Simplon, bien que la capacité de 20 trains existe, et ils détournent le trafic sur Bâle. L'effet, c'est qu'on sature la ligne du Gothard, on perd des tracés et on ne peut plus faire face finalement au volume du trafic.

C'est le phénomène que signalait M. Bieri tout à l'heure. Vous avez, sur le Lötschberg et sur Vallorbe-Domodossola, des réserves de capacité et vous êtes saturé sur le Gothard. Il y a là un besoin de coordination, de se donner les moyens, à la limite, d'imposer les itinéraires et les tracés pour avoir un maximum de trafic sur le rail. Pour moi, il est absolument urgent que quelque chose se passe dans ce sens.

Monsieur le Conseiller fédéral, depuis quelques mois, vous agissez très souvent en chef de pompiers en matière de trafic de transit, intervenant ici ou là lorsque le feu commence. Cette méthode est très fatigante; elle est finalement peu efficace. Les problèmes de trafic de transit, aussi bien routier que ferroviaire, ne vont pas se régler spontanément par le seul jeu isolé des acteurs concernés, chemins de fer et camionneurs. La volonté politique existe, mais elle doit être complétée maintenant par des moyens d'information, des moyens d'investissement dans les zones d'attente, de contrôle, de supervision en continu, pour permettre de maîtriser la situation. Autrement, on va dans un mur.