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Béglé Claude · Nationalrat · 2017-05-30

Béglé Claude · Nationalrat · Waadt · CVP-Fraktion · 2017-05-30

Wortprotokoll

"Mieux valoriser nos barrages en vendant une assurance contre le black-out électrique": ce postulat a pour objet de demander au Conseil fédéral d'étudier un modèle d'affaires alternatif pour la valorisation de nos barrages. L'idée serait de développer des pistes pour assurer une meilleure rentabilité à nos producteurs d'énergie hydroélectrique et ainsi apporter des réponses aux difficultés rencontrées par les sociétés comme Axpo, Repower et Alpiq. Ce postulat se base sur des considérations semblables à celles de la motion Heim Bea 16.3170, "Ne bradons pas l'énergie hydraulique suisse. Utilisons plutôt à 100 pour cent notre énergie hydraulique et les nouvelles énergies renouvelables pour les transports publics", et de la motion Munz 16.3257, "Ne bradons pas les centrales hydrauliques suisses!", voire sur ce dont nous avons discuté en long et en large ce matin.

Aujourd'hui, nous devons constater que le coût de l'électricité n'a jamais été aussi bas; l'électricité européenne se vend à moins de 3 centimes le kilowattheure, alors que celle issue de nos barrages revient à plus de 6 centimes le kilowattheure. Il en résulte que le modèle d'affaires qui prévalait jusqu'à maintenant est mis à mal. La pratique suisse de pompage-turbinage, qui consistait à ouvrir les vannes de nos barrages aux heures de pointe et donc à vendre notre courant au prix fort à l'étranger, a perdu de son attractivité. En effet, l'essor du photovoltaïque, notamment en Allemagne, a réduit notre avantage, car la production d'électricité d'origine solaire culmine justement au milieu de la journée, au moment où nos producteurs d'hydroélectricité avaient l'habitude d'intervenir.

A l'avenir, nous devrons nous faire à l'idée que la baisse du prix de l'électricité constitue de toute évidence une tendance durable en raison d'une surproduction prévisible, que ce soit sur la base de centrales à charbon ou à gaz, de centrales nucléaires ou d'énergies renouvelables, notamment solaire. La conséquence en est que nos principaux producteurs suisses d'hydroélectricité perdent actuellement de l'argent - on le sait tous. C'est clairement le cas pour la production de courant. Les choses se présentent en général mieux pour la distribution - on vient d'en parler.

Parallèlement, la sécurité de l'approvisionnement devient une thématique de plus en plus importante, notamment en raison du développement de la production d'électricité issue d'énergies tributaires de la météo. Plus que jamais, chaque pays doit s'assurer que les pics de consommation puissent être toujours couverts par un approvisionnement suffisant. C'est pourquoi, pour éviter un éventuel black-out, on pourrait imaginer de proposer une sorte d'assurance. L'électricité serait stockée sous forme d'eau dans nos barrages, libérable selon les besoins. Cette électricité ne serait alors plus valorisée en kilowattheures, mais en kilowatts, puisqu'il s'agirait d'une puissance en réserve. Cette capacité de réserve ferait l'objet d'un contrat d'assurance et serait logiquement valorisée sur une base supérieure à celle du kilowattheure courant.

Personnellement, cette approche me paraît sensée. Elle reflète aussi l'avis de certains représentants régionaux, notamment celui de Madame Jacqueline de Quattro, conseillère d'Etat vaudoise en charge des questions liées à l'énergie. J'ai également bien entendu les arguments de Madame la présidente de la Confédération.

Nous parlons ici des entreprises productrices d'électricité hydraulique soumises au Code des obligations. Or, c'est aux principaux actionnaires, essentiellement à certains cantons, de trouver les solutions appropriées. C'est pourquoi, d'entente avec mon parti, je retire ce postulat.