Burkhalter Didier · Bundesrat · 2017-09-14
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2017-09-14
Wortprotokoll
J'aimerais dire quelques mots sur le principe et sur l'action. Nous souscrivons assez largement à ce qui a été dit, mais j'aimerais clarifier un peu mieux notre position.
Sur le principe, tout d'abord: l'égalité des genres et, de manière générale, la promotion des droits des femmes sont une priorité du Conseil fédéral non seulement dans la politique de développement, mais aussi dans la politique étrangère en général. Nous venons d'ailleurs de publier une stratégie du département sur ces questions il y a quelques jours.
Sur l'action elle-même: vous l'avez dit, nous n'avons pas attendu cette initiative pour être actifs, et je crois qu'il faut en rester à quelque chose sur la durée, sans peut-être surréagir sur des problématiques et des polémiques qui, évidemment, opposent les uns et les autres. Vous l'avez aussi dit: nous avons un autre rôle, j'y reviendrai, celui de pont, et non pas de mur - à noter que nous sommes assez favorables aux murs, si l'on peut ancrer des ponts dessus.
Maintenant, pour l'action, plus précisément: vous avez vous-mêmes confirmé cette action en adoptant le projet sur la coopération internationale 2017-2020, qui fixe des priorités claires, dont celles précisément de l'égalité des genres, de l'accès à l'éducation, du droit à la santé et de la lutte contre la pauvreté. Les exemples concrets sont très nombreux, je ne les aborde pas dans le détail. J'aimerais simplement vous parler, par exemple, de l'Afrique australe, où est conduit un programme prioritaire en santé sexuelle et reproductive qui touche des millions de jeunes.
On a aussi essayé depuis des années - on a commencé avant la période 2017-2020, en fait depuis 2012 environ - de renforcer la position et les engagements de notre pays dans plusieurs organisations qui sont actives dans ces domaines. Je pense non seulement au Fonds des Nations Unies pour la population, à ONU Femmes, organisation relativement récente, mais aussi, évidemment, à d'autres organisations, comme Onusida ou le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, où, en quelques années, on a souvent doublé l'engagement de la Suisse, surtout entre 2012 et 2016. Dans ce cadre, le Parlement avait souhaité un engagement particulier. Il y a aussi eu un engagement en termes de responsabilité, par exemple la Suisse a assuré la présidence d'Onusida. Donc, c'est tout cela qui se fait et qui continue de se faire. Nous soutenons la cause de l'initiative, mais nous sommes actifs sur le fond sans chercher à être un fer de lance de cette initiative.
En revanche, nous cherchons à jouer constamment un rôle de pont, de facilitateur, pour éviter autant que possible que les fronts ne se durcissent sur ces questions délicates, notamment sur celle de l'avortement. Concrètement, nous avons joué ce rôle de facilitateur non seulement durant la présidence dont je viens de vous parler, mais aussi dans la recherche de solutions et de rapprochements sur les résolutions qui sont discutées chaque année à l'ONU, et notamment sur la question des droits pour l'accès à la santé. Nous estimons que notre rôle, plutôt que de faire parler de nous sur l'initiative internationale "She decides", est de soutenir le fonds et de ramener les différents fronts vers une attitude plus raisonnable. Je pense que cela est également utile pour le positionnement ultérieur de la Suisse à l'égard de sa responsabilité avec la Genève internationale, mais pas seulement, car il s'agit d'une attitude tout simplement plus raisonnable.
Je vous remercie de votre compréhension et je vous remercie aussi de ce que vous avez dit concernant les moyens. Le Conseil fédéral essaie, dans la situation budgétaire actuelle, de faire en sorte que les moyens en la matière puissent être maintenus aux niveaux atteints ces dernières années. Ce n'est pas possible partout, mais c'est possible notamment dans ce domaine. C'est ce que nous espérons pouvoir continuer de confirmer ces prochaines années.