Lexipedia

Golay Roger · Nationalrat · 2017-09-21

Golay Roger · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2017-09-21

Wortprotokoll

Le groupe UDC a étudié attentivement le projet du Conseil fédéral concernant la reprise du règlement de l'Union européenne relatif au corps européen des garde-frontières et des garde-côtes, qui constitue un développement de l'acquis de Schengen.

En substance, il nous est demandé par l'Union européenne d'accepter la création d'une réserve de réaction rapide de 1500 garde-frontières à la disposition de Frontex. Il est également proposé des mesures de renforcement aux frontières de l'Europe en cas de nécessité ainsi que des améliorations pour le renvoi de certains migrants.

En somme, on vous demande une fois de plus d'accepter de nouvelles dispositions réglementaires alors que celles-ci ont déjà été acceptées le 14 septembre 2016 par le Parlement européen et le Conseil de l'Union européenne. Sachant que [PAGE 1498] la Suisse n'a qu'une voix consultative dans le cadre des accords de Schengen, nous pouvons soit accepter, soit nous retirer. Nous sommes donc placés devant le fait accompli. Le fonctionnement démocratique de l'espace Schengen est vraiment à revoir.

Pour le groupe UDC, il est évident que ce système européen n'est pas satisfaisant pour de nombreuses raisons. Tout d'abord, le manque de souveraineté des pays est criant, notamment pour rétablir des dispositifs sécuritaires aux frontières nationales sans passer par une multitude de tracasseries bureaucratiques, qui sont d'ailleurs la marque de fabrique de l'Union européenne. En outre, à quoi bon faire partie d'un tel système quand des nations importantes de l'espace Schengen, comme l'Allemagne, décident d'ouvrir la porte de leur pays à environ un million de migrants, sans aucune procédure préalable en matière de sécurité? Ce fait est représentatif du manque de sérieux de certains gouvernements européens. Cet afflux de migrants incontrôlé a complètement déstabilisé tous les processus mis en place afin d'assurer la sécurité des citoyens de l'Union européenne et de notre pays.

Nous pouvons relever aussi que, depuis l'entrée de la Suisse dans l'espace Schengen, la sécurité de notre pays n'est plus assurée aux frontières comme elle l'était auparavant. Schengen a davantage contribué à créer un sentiment d'insécurité auprès de notre population qu'à la rassurer.

Par ailleurs, en ce qui concerne la création de cette nouvelle réserve de réaction rapide, la Suisse devra fournir un contingent de seize agents pris sur l'effectif du Corps des gardes-frontière. L'application de ce type d'engagement aux frontières extérieures de l'espace Schengen pourrait encore affaiblir nos propres contrôles aux frontières de notre pays, alors qu'il s'agit déjà d'une véritable passoire puisque 40 pour cent des requérants d'asile déposent directement leur demande d'asile dans notre pays sans avoir été au préalable contrôlés aux frontières.

C'est pour cela que le groupe UDC souhaite beaucoup plus de flexibilité et d'efficacité dans le contrôle de nos frontières que ce que nous propose le règlement qui nous est soumis. Le groupe UDC a toujours estimé que notre pays, par son adhésion à l'espace Schengen, avait perdu une partie de sa souveraineté et que sa sécurité intérieure s'était dégradée depuis.

Le groupe UDC refusera d'entrer en matière sur ce projet et il vous invite à en faire de même.

Golay Roger · Nationalrat · 2017-09-21 | Lexipedia | Lexipedia