Berset Alain · Bundesrat · 2017-09-28
Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2017-09-28
Wortprotokoll
Il est incontesté qu'une alimentation saine, variée, riche en fruits et légumes est essentielle pour la santé. C'est valable en particulier pour les enfants. Nous savons également que la publicité pour des aliments trop sucrés, trop gras, trop salés destinée aux enfants influence leur comportement alimentaire et qu'ils ont une certaine réceptivité vis-à-vis de la publicité. C'est en particulier vrai pour les enfants. C'est la raison pour laquelle on s'efforce, sur le plan international, de réduire la publicité pour les produits précités destinée spécifiquement aux enfants.
Au début 2015, l'Organisation mondiale de la santé Europe a publié des critères permettant de définir les denrées alimentaires qui ne devaient pas faire l'objet de publicité à l'adresse des enfants. Les mesures destinées à protéger les enfants de la publicité doivent s'inscrire dans la ligne voulue par le Parlement. La question de la réglementation de la publicité en faveur des aliments précités a déjà été débattue dans votre conseil, ce n'est pas une nouveauté. Ce sujet a été discuté dans le cadre de la révision de la loi sur les denrées alimentaires (11.034) adoptée au vote final le 20 juin 2014.
Dans le cadre des débats sur cette révision, le Parlement s'est opposé à la réglementation de la publicité au motif qu'il souhaitait que soit privilégié l'engagement volontaire de l'industrie agroalimentaire. Ce message a été compris par le Conseil fédéral. Il s'est ainsi senti soutenu dans sa manière de mener ses travaux depuis plusieurs années et dans son choix de l'approche volontaire qui privilégie la collaboration avec l'industrie alimentaire.
De manière générale, nous menons, dans le domaine de la nutrition, une politique qui suit les axes suivants. Tout d'abord, il s'agit d'informer et de sensibiliser la population pour renforcer les compétences en matière de nutrition, de sorte que chacune et chacun puisse faire un choix libre et éclairé, c'est-à-dire en toute connaissance de cause. Je rappelle à ce sujet qu'il n'y a pas de liberté sans éducation. C'est dans ce sens que nous travaillons.
Ensuite, ce sont les conditions-cadres. Il s'agit, par exemple, de réduire la quantité de sel dans le pain qu'on achète, la quantité de sucres ajoutés dans les yoghourts et les céréales pour le petit-déjeuner ou de protéger les enfants d'une publicité pour des aliments trop sucrés, trop gras, trop salés.
Dans ce cadre, nous travaillons sur une base volontaire avec l'industrie alimentaire.
Vous connaissez le projet qui concernait la teneur en sel de produits préparés. C'est un projet qui a été lancé il y a un peu moins de dix ans et qui nous a permis d'obtenir de bons résultats. Il y a vraiment eu une réduction du sel dans les produits préparés. Nous avons, en 2015, il y a donc deux ans, lancé également une grande collaboration avec l'industrie alimentaire pour réduire le sucre ajouté dans les yoghourts et les céréales du petit-déjeuner. Nous avons pu faire un premier bilan, il y a quelques semaines. Je peux vous dire que, aujourd'hui, nous faisons des progrès qui vont dans la bonne direction: nous avons pu constater une diminution du sucre ajouté dans les céréales et les yoghourts. Nous avons fixé un objectif avec la branche - et l'ensemble des entreprises étaient présentes et ont accepté cet objectif - pour les dix-huit prochains mois, et on pourra en reparler au terme de ce délai.
Cela nous permet de dire que cette manière de travailler, qui mise beaucoup sur la collaboration avec la branche, a donné chez nous des résultats positifs. Nous souhaitons poursuivre notre collaboration avec l'industrie sur une base volontaire. C'est également sur cette base volontaire que nous souhaitons aborder les questions de publicité que vous posez dans votre motion.
Nous sommes donc convaincus que c'est la voie à suivre. C'est celle qui nous offre le plus de perspectives à court et moyen termes, puisque cela permet de faire bouger l'ensemble de la branche. Je crois que l'expérience que nous avons acquise avec la réduction du sel et du sucre ajoutés le démontre. Nous souhaitons donc poursuivre sur la même ligne que la politique actuelle.