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Couchepin Pascal · Bundesrat · 2002-06-05

Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2002-06-05

Wortprotokoll

Que ne ferait-on pas pour renforcer la marine helvétique? Il est établi que la Suisse, Etat enclavé, est largement dépourvue de matières premières et de sources d'énergie et qu'elle est nettement tributaire des importations de denrées alimentaires. C'est pourquoi on a toujours mis en avant notre politique de sécurité comme argument clé justifiant que notre pays dispose de sa propre flotte pour assurer son approvisionnement en biens vitaux.

Aujourd'hui, douze ans après la fin de la guerre froide, la nécessité pour la Suisse d'avoir sa propre flotte de haute mer n'a pas décru, bien au contraire. Si la donne géopolitique a changé, si la menace militaire s'est éloignée, le besoin de navires s'est pourtant accru pour des raisons essentiellement économiques, l'heure étant, comme nous le savons tous, à la mondialisation des marchés.

Trois tendances ont été enregistrées en Suisse ces dernières années: la baisse massive des réserves d'exploitation et des stocks obligatoires suite à la pratique des flux tendus, la division internationale du travail et surtout la forte propension à exporter des entreprises helvétiques, chose évidemment sympathique. Pour maintenir son cap, notre économie a besoin de systèmes de transports internationaux fiables et performants. Dans ce contexte, la Suisse est confrontée à un problème crucial, celui du fret maritime, à cause de sa situation géographique, mais aussi à cause des perturbations régulièrement enregistrées dans le domaine de la navigation de haute mer, qui sont dues à des conflits régionaux, à des tensions hégémoniques, à des actes terroristes, à des restrictions du libre-échange, mais aussi à des catastrophes naturelles ou anthropiques, par exemple les irradiations nucléaires, ou à de profonds troubles sociaux. Il est donc indispensable que la Suisse dispose de ses propres capacités de fret maritime. Notre flotte n'accroît pas seulement notre sécurité d'approvisionnement et notre compétitivité, mais aussi notre marge de manoeuvre en politique étrangère, car elle nous rend nettement plus indépendants des nations maritimes en cas de crise.

Le Conseil fédéral est convaincu qu'en reconduisant l'aide offerte à la flotte suisse de haute mer par le crédit-cadre proposé pour le cautionnement, soit 600 millions de francs pour les dix ans à venir, il prend une mesure judicieuse et efficace. Le bilan de cette aide fédérale peut faire des envieux. Depuis 1948, date à laquelle la Confédération s'est mise à promouvoir la navigation de haute mer, aucune perte n'a été enregistrée. Cela prouve que le risque est supportable au vu de la sécurité gagnée en matière d'approvisionnement, mais je n'irai pas jusqu'à affirmer qu'il est nul, car notre aide serait alors sans objet. Depuis l'automne dernier, les marchés du fret ont accusé de sérieuses baisses. Rappelons que dans les années nonante les compagnies maritimes ont traversé plusieurs périodes difficiles.

Par cette mesure, la Confédération crée des conditions permettant d'éviter que les armateurs suisses, vu les fortes subventions octroyées dans le monde entier au secteur maritime, ne soient tentés par des pavillons étrangers plus complaisants. Nous ne pourrions alors plus compter sur eux en cas de crise.

Je vous prie donc de donner votre accord à ce projet.

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