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Hêche Claude · Ständerat · 2017-11-30

Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-11-30

Wortprotokoll

Je ne voudrais pas tempérer l'enthousiasme du rapporteur, de la jeunesse, mais simplement exprimer l'avis d'un praticien qui prend le risque de se projeter un peu plus loin dans le futur. L'élément majeur à retenir de l'initiative et du contre-projet direct, cela a été rappelé, consiste à placer sur un même niveau constitutionnel les voies cyclables et les chemins ou sentiers pédestres. Comme les initiants eux-mêmes acceptent le contre-projet du Conseil fédéral, sans trop combattre il faut le dire, je considère que l'on va manquer notre rendez-vous fédéral avec le vélo et la mobilité douce.

Si l'article constitutionnel reconnaît enfin le réseau des voies cyclables, la compétence et l'impulsion que devra donner la Confédération seront limitées par une formulation potestative en matière de coordination, de soutien et d'information. Un soutien existe déjà au travers des projets d'agglomération, mais l'occasion était belle de renforcer l'engagement fédéral en faveur de la pratique du vélo. Ce souhait, qui est partagé par beaucoup d'acteurs, est souvent relevé à l'heure des discours politiques et bénéficie aussi d'un large soutien de la population.

Même si la planification, la construction et l'entretien des voies cyclables relèvent avant tout de la compétence des cantons et des communes, il est évident que la promotion et le développement de la pratique du vélo participent de manière importante à la réalisation de nombreux objectifs poursuivis par la Confédération et les politiques fédérales.

Le vélo fait partie intégrante de nos vies, et pas seulement pour nous permettre de faire un peu d'exercice de temps en temps. Le vélo n'est plus un loisir, mais un outil fondamental des prochaines années pour améliorer un certain nombre de défauts de notre système de mobilité. Le vélo doit prendre une place beaucoup plus importante pour réduire toute une série de problèmes et, pour cela, il faut se donner des moyens.

Avec cette initiative, nous avions l'occasion de donner un coup d'accélérateur décisif et de montrer notre capacité à voir plus loin que la première arrivée au sprint du Tour de France. C'est l'arrivée à Paris que nous devons avoir comme point de mire, soit en l'occurrence l'augmentation des utilisateurs de vélos. Pour cela, il faut se donner les bases indispensables à la pratique du vélo pour le plus grand nombre.

Le vélo, c'est aussi une façon de rester en forme, de limiter la pollution, un moyen plus rapide de se déplacer. C'est également à la Confédération de donner le coup de pédale pour que cela se fasse dans la plus grande sécurité. En nous limitant à un contre-projet, qui ne fait à mes yeux que s'adapter à la réalité actuelle, nous nous empêchons de voir plus loin.

Le vélo est évoqué par tous, fait partie de nos vies, et nous restons enfermés dans les schémas traditionnels, en les mettant au même rang que les chemins pédestres. Les chemins pédestres ne rivaliseront jamais avec les voitures. A l'heure des vélos électriques, l'utilisation des cycles prend une importance bien plus grande que celle que nous leur prêtons.

C'est pour ces quelques raisons que j'exprime un sentiment mitigé à l'égard du contre-projet direct, en faveur duquel je voterai tout de même, car c'est un coup de pédale dans le bon sens. Il y aura donc lieu, lors de l'élaboration de la législation d'application, d'augmenter la cadence et d'intégrer des conditions-cadres plus incisives, afin de renforcer également ce pilier important pour le tourisme. Prenons l'exemple de plusieurs pays qui ont quelques tours de piste d'avance sur nous.