Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2017-12-04
Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2017-12-04
Wortprotokoll
En automne 2016, les deux chambres de ce Parlement avaient décidé, dans le message relatif à l'encouragement de la formation, de la recherche et de l'innovation, d'avoir une croissance annuelle des moyens de 2,5 pour cent en moyenne pour la période quadriennale. Cette croissance permet de répondre aux évolutions rapides de l'économie et de la société.
Dans la proposition du Conseil fédéral, il ne reste que 0,2 pour cent de croissance pour l'année 2018, soit une coupe d'environ 220 millions de francs. Ceci est contraire à nos décisions de l'automne 2016.
La formation, la recherche et l'innovation sont des domaines dans lesquels il s'agit de voir les dépenses comme des investissements. Les investissements rapportent sur le moyen et le long termes. Ils sont indispensables à notre pays afin que notre économie et que la société puissent relever les défis technologiques ultrarapides qui les attendent. Je pense bien sûr aux "blockchains", à la robotisation, à la digitalisation et j'en passe.
Concernant les contributions de base aux universités et aux hautes écoles spécialisées, les coupes proposées par le Conseil fédéral conduisent au fait que le montant final serait inférieur au montant proposé par ce même Conseil fédéral dans son message relatif à l'encouragement de la formation, [PAGE 1882] de la recherche et de l'innovation avant les augmentations votées par le Parlement. C'est quand même un comble!
Le nombre d'étudiants ne cesse d'augmenter, les défis de la digitalisation sont énormes et, dans le même temps, on demande à ces institutions de faire mieux, mais avec moins de moyens. A l'impossible nul n'est tenu. Le groupe vert'libéral est réaliste et soutiendra la majorité de la commission sur ces deux lignes budgétaires.
Le domaine des écoles polytechniques fédérales est confronté au même problème: il y a de plus en plus d'étudiants et de défis, mais on ne lui octroie pas les moyens nécessaires pour accomplir ses missions. Les militaires engagés qui sont dans cette salle savent très bien que, pour atteindre un objectif, il faut donner les moyens nécessaires à la troupe. C'est la même chose pour le domaine de la formation, de la recherche et de l'innovation. Quant au groupe socialiste qui veut prendre en otage le domaine des écoles polytechniques parce que ces écoles envisagent d'augmenter les taxes d'étude, c'est simplement une attitude immature et irresponsable. Cela est digne des cours d'école! Le groupe vert'libéral n'entrera pas dans ce petit jeu dangereux et il soutiendra la minorité II (Egger).
Le Fonds national suisse n'est pas épargné par ces coupes budgétaires, pourtant nos grandes écoles dépendent beaucoup de ce fonds. Dans le domaine de la science, lorsqu'il y a moins de moyens financiers, il y a une méthode très simple pour obtenir les mêmes résultats, on exploite les doctorants: on les paye entre 50 et 80 pour cent, mais on attend d'eux une présence à 100 pour cent. Cela s'apparente au mobbing et à l'exploitation, car il est clair que l'on ne fait pas de la recherche scientifique à mi-temps. Ceci n'est pas acceptable et nous soutiendrons la minorité I (Egger) qui permet de donner les moyens non seulement au Fonds national de faire son travail dans des conditions décentes, mais également aux académies qui, elles aussi, ne manquent pas de défis avec les changements climatiques ou la raréfaction des ressources.
La Suisse est très fière de son système dual de formation professionnelle. Monsieur le conseiller fédéral Schneider-Ammann ne manque pas une occasion pour vanter ce système, et il a bien raison. Cette formation permet de former des ouvriers qualifiés, ouvriers dont notre économie a grandement besoin. Dans ce sens, le groupe vert'libéral ne comprend pas les coupes prévues pour les instituts dans les hautes études en formation professionnelle et celles prévues pour les indemnités forfaitaires et la formation professionnelle supérieure.
Nous soutiendrons donc les propositions des minorités Carobbio et Bigler.
Sous le titre "Etablissements de recherche d'importance nationale", il faut comprendre que se cachent des grands noms qui font briller la Suisse bien au-delà de ses frontières. On peut citer le Centre suisse d'électronique et de microtechnique à Neuchâtel avec ses panneaux solaires colorés très innovants ou encore le Swiss TPH à Bâle qui regroupe des compétences uniques dans les maladies tropicales. D'autres instituts travaillent sur des maladies qui touchent toutes les familles de notre pays, comme le Groupe suisse de recherche clinique sur le cancer ou l'Institut suisse de recherche sur les allergies et l'asthme. Ces tâches ne peuvent être réalisées par les hautes écoles. Voilà pourquoi tous ces centres sont fondamentaux pour améliorer la qualité de vie de notre société et garder la Suisse à la pointe de la recherche. Dans ce sens, le groupe vert'libéral soutiendra la proposition de la minorité Schneider Schüttel.
En ce qui concerne le domaine de la culture, le groupe vert'libéral soutiendra les propositions de la majorité de la commission qui sont aussi les propositions du Conseil fédéral.