Lexipedia

Hêche Claude · Ständerat · 2017-12-06

Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2017-12-06

Wortprotokoll

Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire lors de précédents débats sur le service civil, je suis toujours étonné de voir avec quel acharnement certains parlementaires déposent ou soutiennent des propositions qui visent à compliquer, voire à défaire, un service qui fonctionne bien, dont l'utilité est reconnue et qui est largement soutenu par la population.

Les civilistes s'engagent dans des maisons de retraite, des hôpitaux, des organisations de protection de l'environnement; ils s'occupent de personnes en situation de handicap, de jeunes; ils prennent soin du patrimoine et des alpages. Le service civil, il est important de le rappeler, donne la possibilité aux jeunes hommes d'accomplir leur obligation de servir au travers d'un travail d'utilité publique. A fin 2016, 44 000 civilistes actifs ont souhaité se sentir utiles, se rendre utiles à leur pays et à nos concitoyens en effectuant au total 1,7 million de jours de service dans plus de 5000 établissements d'affectation, cela a été rappelé tout à l'heure.

Aujourd'hui, nous avons la tâche de prendre une énième fois position sur des interventions parlementaires dont le but - ne soyons pas dupes - est de restreindre l'attrait du service civil ou de compliquer son bon fonctionnement. Comment pourrait-on être convaincu par les "raisons inhérentes" évoquées notamment dans cette motion et par le besoin d'"améliorer la coordination"?

Le constat est clair: la collaboration entre les deux départements fonctionne bien, cela a été précisé en séance de commission et rappelé par Monsieur Eder il y a quelques instants. De plus, la motion enfreint un principe politique important: l'organisation appropriée de l'administration revient au Conseil fédéral et à lui seul. Une acceptation de la motion pourrait remettre en question cette compétence reconnue. Enfin et surtout, le placement de l'organe d'exécution du service civil dans un autre département que celui chapeautant l'armée est essentiel pour assurer toute l'autonomie requise.

Le service civil ne doit pas devenir la victime collatérale des difficultés que rencontre l'armée au niveau de son attractivité. Il me paraissait important aussi de donner ce signal dans le cadre des travaux qui vont se poursuivre ces prochaines années. Au-delà de la question des effectifs militaires, ce qui est en jeu avec cette motion, c'est plus fondamentalement l'indépendance même du service civil et purement et simplement son accessibilité à l'avenir pour les personnes intéressées et qui ont envie de servir notre pays.

Pour toutes ces raisons, je vous invite à suivre la commission et à rejeter la motion.