Derder Fathi · Nationalrat · 2017-12-13
Derder Fathi · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2017-12-13
Wortprotokoll
Comme son titre l'indique, j'ai déposé ce postulat pour qu'on renforce la collaboration entre les milieux scientifiques chargés de faire de la recherche et l'armée. J'irai même un peu plus loin. Il est aujourd'hui impératif qu'il y ait une vraie collaboration entre le DDPS d'une part, et les milieux de la recherche d'autre part, en passant par les milieux économiques comme troisième partenaire. Dans tous les domaines qui ont été évoqués dans plusieurs objets qui nous ont été soumis depuis quelques instants, le DDPS et toute notre société sont confrontés à des défis technologiques qui impliquent de disposer de plates-formes sur lesquelles il y a une collaboration entre chercheurs, acteurs économiques et, dans le domaine de la défense, milieux de l'armée.
L'objectif est assez simple: développer de vrais centres d'excellence dans divers domaines - en particulier celui de la recherche scientifique -, on l'a dit, par exemple dans les domaines "cyber". D'autres pays en possèdent, que ce soit l'armée américaine avec la fameuse DARPA, l'agence pour les projets de recherche avancée de défense, que ce soit l'armée israélienne avec ses unités d'élite.
En réponse à mon postulat, le Conseil fédéral a fait valoir quelques arguments qui sont totalement valables, il faut l'admettre. D'une part, deux postulats ont été adoptés, l'un de Monsieur Golay (17.3243), l'autre de Monsieur Dobler (17.3106) - ces postulats proposent précisément de s'engager dans cette voie. Donc c'est déjà une bonne raison pour dire qu'on va dans la bonne direction. D'autre part, des démarches sont entreprises par le département même. Vous l'avez certainement vu, le mois dernier, le DDPS a présenté un plan d'action "Cyberdéfense", un plan très complet dans lequel il y a notamment - à la dernière page du plan - le point assez important qui consiste en un projet de développer un cybercampus qui permettrait précisément, comme je le demande dans mon postulat, d'allier des acteurs du monde de l'armée en particulier, des milieux de la défense en général, de l'économie et de la science. On le voit, des demandes parlementaires existent et on en a débattu un certain nombre aujourd'hui même. De plus, une volonté du département existe. Donc on a aujourd'hui de bonnes raisons de croire qu'on va dans la bonne direction.
Pour toutes ces raisons, je vous le dis déjà, Monsieur le président, Monsieur le conseiller fédéral, je vais retirer mon postulat.
Reste qu'il y a un certain nombre d'interrogations qui subsistent et que je pense que nous devrons traiter, notamment à la suite de l'adoption de la motion Eder 17.3508, "Création d'un centre de compétence fédéral pour la cybersécurité", par notre conseil, le 7 décembre dernier, à l'unanimité. Elle vise à créer un centre de compétence en matière de cyberdéfense.
Il y a là une grande interrogation qui n'a pas été tranchée. Quand j'ai posé la question notamment au chef du Département fédéral des finances, Monsieur le conseiller fédéral Maurer, de savoir qui allait piloter ce domaine, je n'ai pas réellement obtenu de réponse.
Visiblement, il y a une forme d'unanimité au sein du Parlement pour dire: "Oui, il nous faut un plan de cyberdéfense; oui, l'armée doit aller plus loin dans le domaine de la recherche; oui, les milieux scientifiques, avec les milieux économiques, doivent plus se rapprocher de l'armée." Il reste une grande question que personne n'a vraiment tranchée, c'est de savoir qui commande et qui paie. Et cette question-là, nous allons devoir la trancher.
Une chose paraît un peu contradictoire aujourd'hui: on est dans un domaine qui concerne clairement la défense, l'économie et la science. Or ce domaine est piloté par le Département fédéral des finances, ce qui est une forme d'anachronisme en termes de compétence. C'est une question que nous devrons rouvrir, et je pense qu'on pourra le faire en marge de la motion Eder 17.3508. Cela n'a pas été tranché dans le cadre de cette motion; ni par la commission dans le débat sur ce dossier; ni non plus dans les débats au Parlement. Je pense que nous devrons rouvrir ce débat, pour savoir qui décide, qui paie, avec quelle concertation et quelle organisation d'ensemble. C'est un vrai débat de fond que nous devrons tenir dans notre assemblée. Ce sera un débat à mener dans les semaines et les mois qui viennent.
Mais pour l'instant, en ce qui concerne mon postulat, comme je l'ai dit, je le retire.