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Savary Géraldine · Ständerat · 2018-03-05

Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-03-05

Wortprotokoll

L'interpellation Vonlanthen nous permet de faire un débriefing de cette campagne en présence de Madame la conseillère fédérale responsable de ce dossier. Je dois vous dire que, quand j'ai lu la presse et les commentaires des médias ce matin, j'ai eu l'impression que je n'avais vécu ni la même campagne ni le même résultat. C'est comme si on devait quasiment faire le deuil de la télévision et de la radio de service public, que des réformes gigantesques et immenses étaient indispensables, que la nécessité d'agir était absolument incroyable, alors que plus de 70 pour cent de la population s'est prononcée en faveur, sans doute non pas du statu quo, mais d'un modèle, d'un paysage médiatique, d'un financement du service public tel qu'on le connaît, tel qu'on l'a porté ici au Parlement, et qu'on va sans doute continuer à le porter.

Continuer à réfléchir, c'est très bien, se poser des questions, c'est sans doute encore mieux, mais il y a un certain nombre de ces questions qui sont maintenant liquidées. Et une des questions qui est maintenant totalement liquidée, c'est en particulier celle que continue à poser l'USAM, relative aux entreprises, que vous reprenez, Monsieur Vonlanthen. A deux reprises, une fois dans le cadre du débat sur la redevance et maintenant sur celui relatif à l'initiative "No Billag", il a été clairement entendu que les entreprises devaient contribuer au financement du service public.

La deuxième remarque que je souhaitais faire, c'est que, comme mes collègues, je salue la position de la SSR, l'après-midi même de cette votation, qui a déclaré: on vous a entendus, on va faire des réformes, etc. Mais j'espère que la SSR ne soit pas atteinte du syndrome de Stockholm, c'est-à-dire qu'à force d'être l'otage des querelles partisanes relatives à son avenir, elle ne finisse par prendre à son compte une partie des critiques. Je crois que le vote d'hier, je le répète, est la manifestation de la volonté populaire d'avoir un service public fort avec des moyens financiers consolidés.

Troisième remarque: les radios et télévisions privées n'ont, dans la campagne, pas fait état d'une volonté d'avoir plus d'argent. Au contraire, elles ont fait campagne - je le répète - contre l'initiative "No Billag" de manière très forte, très audible. La question qui pourrait se poser et qui n'a pas du tout été évoquée dans la campagne, Madame la conseillère fédérale, est la suivante: est-ce que l'on pourrait éventuellement imaginer une part de la redevance destinée aux radios et télévisions privées qui serait solidaire, tout comme la redevance pour la SSR est solidaire entre les régions linguistiques? C'est une question qui se posera peut-être par la suite.

Quatrième remarque, si vous permettez: je pense que l'on doit arrêter de considérer qu'il y a un lien direct - un peu [PAGE 100] comme vous le faites, Monsieur Vonlanthen - entre l'état de la SSR et l'état des médias privés, et ce surtout en ce qui concerne les recettes publicitaires. Ce ne sont pas des vases communicants, on le voit, il n'y a pas que deux acteurs dans ce paysage, vous le savez aussi bien que moi, il y en a beaucoup plus: les fenêtres publicitaires, comme l'a évoqué Monsieur Berberat, les sites en ligne, qui captent une bonne partie, malheureusement, des recettes publicitaires. Ce ne sont donc pas des vases communicants: ce n'est pas moins de publicité à 19h30 ou à 20h30 et plus de publicité, du coup, pour les médias privés. Sur ce point aussi, la réponse très claire de la population à l'initiative "No Billag" montre qu'elle attend d'autres solutions de notre part que de simples transferts de recettes.

Cinquième point: on peut se réjouir toutes et tous de la discussion autour de la loi sur les médias électroniques, parce que c'est en effet l'avenir. C'est en effet la question fondamentale qui se pose à nous, Parlement et Conseil fédéral réunis, et qui se posera ensuite à la population; c'est dans ce domaine que nous devons trouver des pistes et des complémentarités entre le service public et les médias privés. Des pistes ont déjà été évoquées, cela va continuer, et c'est dans cet espace de discussion que l'on pourra évoquer les choses, mais sans recommencer le même débat. Je crois que la population nous a répondu, il y a un certain nombre de réponses qui ont été données, et j'espère que l'on ne va pas rouvrir le débat sur la taille, le périmètre de la SSR, la contribution des entreprises, etc., parce que, dans ce cas, cela ne sert à rien d'organiser des votations populaires.