Maury Pasquier Liliane · Ständerat · 2018-03-06
Maury Pasquier Liliane · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-03-06
Wortprotokoll
Je l'ai dit, j'étais malheureusement absente à la séance de la commission. Mais, comme je l'ai dit également, il nous faut agir pour limiter la hausse des coûts de la santé.
Le potentiel existe et réside notamment dans le renforcement de la prévention des maladies non transmissibles, des maladies dont on sait les dégâts considérables qu'elles causent en termes de santé publique et l'impact majeur qu'elles ont sur les coûts. Ainsi, au cours des deux dernières décennies, les cas de diabète et d'obésité ont doublé en Suisse et frappent notamment un nombre important d'enfants. La recherche scientifique ne permet plus d'édulcorer les faits: la surconsommation de sucre est directement liée à cette épidémie. Sans vouloir faire du sucre - qui contribue à adoucir la vie, je suis la première à le dire - l'ennemi numéro un, il faut limiter les effets néfastes de sa consommation, en particulier ceux du sucre caché dans les produits industriels. Un des moyens de le faire, c'est de réduire la quantité de sucre dans certains aliments, ce que la collaboration du Conseil fédéral avec l'industrie agroalimentaire devrait contribuer à mettre en oeuvre.
Mais, comme l'a dit mon préopinant, en l'occurrence le représentant de la minorité qui souhaite donner suite à l'initiative, cela ne suffit pas. Cela, d'ailleurs, ne s'oppose pas: on peut utiliser plusieurs manières de faire différentes pour agir. Tant mieux s'il y a moins de sucre dans les yogourts, tant mieux s'il y a moins de sucre dans les céréales pour le déjeuner. Il reste encore à reconnaître tout le sucre qui est rajouté et consommé, notamment dans les sodas.
Il faut aussi, de manière complémentaire et comme cela est demandé dans cette initiative, développer la prévention des maladies causées par les quantités trop élevées de sucre dans les aliments industriels. Pour ce faire, une taxe sur les produits sucrés, telle qu'elle a été introduite avec succès dans d'autres pays, permettrait d'alimenter un fonds géré par la Confédération et affecté à la prévention; une prévention dont l'expérience montre qu'elle est efficace et rentable. Son absence ou son insuffisance, en revanche, coûte cher.
C'est pourquoi, tout en saluant le fait que la commission soit sensible aux enjeux de cette initiative, je suis convaincue que nous devons, sans attendre, tout mettre en oeuvre pour limiter les coûts financiers et humains des maladies causées par le sucre, sans quoi la facture sera très salée.
Je vous invite donc également à suivre la minorité et à donner suite à cette initiative.