Nordmann Roger · Nationalrat · 2018-03-13
Nordmann Roger · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-03-13
Wortprotokoll
Notre motion demande trois choses. La première, c'est de renoncer jusqu'en 2025 à lancer la procédure de remplacement des F/A-18 et de prolonger la durée d'utilisation de ceux que nous possédons jusqu'à 7000 ou 8000 heures de vol. La deuxième, c'est de soumettre à une votation populaire le choix du nouvel avion de combat, c'est-à-dire en portant à la connaissance de la population le type d'avion, le budget et les détails du dossier. La troisième, c'est de présenter au Parlement une planification budgétaire à long terme des investissements nécessaires dans le domaine de la défense.
Pourquoi demandons-nous ces trois choses? Dans le rapport sur la politique de sécurité de la Suisse du 24 août 2016, le Conseil fédéral indique ceci: "Globalement, on peut affirmer qu'il est peu probable que la Suisse soit directement menacée par une attaque armée, que ce soit au sens traditionnel du terme ou sous une forme non conventionnelle, au cours des années à venir. On ne peut identifier aucun Etat ni aucun groupe qui dispose des capacités pour attaquer la Suisse par des moyens militaires et qui manifeste également l'intention de le faire." On voit donc qu'il n'y a pas d'urgence. Par contre, il y a de gros soucis financiers pour l'armée, étant donné qu'elle doit remplacer quasiment tous ses systèmes. Il est donc impératif d'avoir une planification globale.
Par ailleurs, si l'US Navy peut prolonger la durée de vie de ses F/A-18 C/D qui décollent et atterrissent depuis des porte-avions et qui sont engagés dans des missions de guerre, eh bien, cela doit aussi être possible pour les F/A-18 appartenant à la Suisse. Evidemment, si on demande au constructeur s'il préfère nous vendre de nouveaux avions de combat à 300 millions de francs chacun ou remplacer quelques pièces structurelles sur les avions existants pour en prolonger la durée de vie, l'avionneur dira qu'il préfère vendre de nouveaux avions. Mais telle n'est pas la question et il convient de dire au constructeur que nous n'allons pas acheter de nouveaux avions avant 2035 ou 2038 et que nous souhaitons recevoir une offre pour la prolongation de la durée d'utilisation des avions existants.
C'est le premier élément. Cela doit permettre d'utiliser les capacités des avions jusqu'au bout, d'être économe et d'avoir la garantie de disposer, à terme, d'une seule flotte cohérente. Il est donc prématuré d'acheter maintenant de nouveaux avions de combat.
Il est évident qu'on a besoin d'une planification globale, tant le nombre de systèmes à remplacer est important.
Enfin, il faut absolument que la votation populaire ait lieu, mais elle ne doit pas être un chèque en blanc, c'est-à-dire qu'elle ne doit pas porter sur un arrêté de planification dans lequel ne figurerait ni le nombre d'avions, ni le type d'avions, soit rien du tout. Dans ce cas, on risque de se retrouver, à la fin, avec le minimum en termes de performances aériennes pour le maximum d'argent. Ce n'est pas le but. Avoir la possibilité de s'exprimer par le biais d'un vote populaire devrait nous garantir, au contraire, d'obtenir le maximum en termes de performances pour le minimum d'argent.
L'idée du "Planungsbeschluss" qui était, au début, intéressante, est en train de dégénérer: cela devient un chèque en blanc. Ce n'est vraiment pas la bonne méthode. Je vous invite donc à accepter cette motion.