Dreifuss Ruth · Bundesrat · 2002-06-19
Dreifuss Ruth · Bundesrat · Genf · 2002-06-19
Wortprotokoll
Oui, j'ai effectivement remarqué cela! Plaisanterie mise à part, Monsieur Borer, si vous lisez notre message, vous savez très bien que nous avons mis ce problème en évidence et que nous avions d'ailleurs proposé une disposition - qui n'a pas trouvé grâce [PAGE 1005] au Conseil des Etats - prévoyant d'associer les cantons au financement des soins ambulatoires hospitaliers, dans la mesure où il s'agit de soins semi-stationnaires. Là, il y a des questions de définition qui peuvent poser problème.
Un tel choix est inspiré, dans les cantons, par des motifs économiques. Les cantons souhaitent économiser ce qu'ils doivent payer pour l'hospitalisation, mettre les gens pour 24 heures en traitement ambulatoire parce que ça leur coûte moins cher, éventuellement faire même concurrence à la médecine de ville pour amortir je ne sais quel équipement en surnombre. Cela, ce sont certainement des problèmes qui doivent être résolus et les solutions sont là. Je veux dire qu'elles sont dans le système de financement, dans le système de facturation, dans la planification des équipements lourds. Je crois que ce problème sera certainement rediscuté en commission. Mais attention! il y a des possibilités de traitements ambulatoires qui représentent un véritable progrès. C'est mieux bien sûr si un traitement nécessite un bref séjour dans un environnement hospitalier, mais n'exige pas le maintien du patient à l'hôpital pour être soigné et s'il peut être poursuivi ensuite à domicile.
Donc, votre exemple, Monsieur Borer, montre qu'il ne faut pas détruire la qualité de notre système. C'est la raison pour laquelle, dans un certain nombre de domaines, le Conseil fédéral a pris des décisions importantes et désagréables - et il est toujours prêt à les prendre -, et que dans d'autres domaines, il dit: "Attention! Finalement, le serment d'Hippocrate devrait aussi valoir pour les politiques, notamment pour les gouvernements, en particulier la fameuse phrase: 'D'abord ne pas nuire.'" D'abord, ne pas détruire un système de soins dont la qualité est loin d'être en vingt-sixième position. En termes de qualité du système de soins, la Suisse est en tête et le Conseil fédéral est décidé à proposer des réformes qui ne remettent en cause ni cette qualité ni l'accès des citoyennes et des citoyens à ce système de santé.
Une remarque encore. Il est vrai que je considère les 26 directeurs cantonaux des affaires sanitaires comme mes collègues, comme mes partenaires, et que je veux autant que faire se peut élaborer avec eux une politique nationale de la santé. Cela fait des années que je leur ai tendu la main pour le faire, et nous construisons ensemble une plate-forme commune. Il y a une responsabilité politique dans ce pays qui doit être assumée en commun par la Confédération et les cantons. Dans ce sens-là, vous avez raison de parler de mon respect pour les cantons.
Mais ce respect leur a coûté aussi un peu cher. Car pendant tant d'années, je me suis efforcée de les mettre d'un côté face à leur responsabilité de santé publique, et de l'autre face à leur responsabilité dans le financement des hôpitaux. Avec l'aide des tribunaux, avec votre aide, nous arrivons à les faire passer à la caisse là où ils doivent passer à la caisse.