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Mazzone Lisa · Nationalrat · 2018-09-13

Mazzone Lisa · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2018-09-13

Wortprotokoll

J'aimerais apporter quelques précisions sur mes propos, vu qu'ils ont été repris tout à l'heure. Monsieur Clottu a dit, que nous vivions dans des mondes différents. Je tiens à vous dire que je fais moi-même un effort pour me mettre dans la tête d'un bourgeois ou d'une bourgeoise - puisqu'il y en a aussi quelques-unes. Dans cet effort, je vois qu'il y a un dilemme: parce que, d'un côté, il y a l'attachement aux économies, à la rigueur budgétaire, qui concerne à peu près toutes les politiques publiques; de l'autre côté, il y a l'armée, à laquelle on ne refuse rien. Dans ce tiraillement, je me suis dit que, vu que vous prévoyez des dépenses de plusieurs milliards de francs à l'avenir, vous auriez pu vous dire, vous bourgeoises et bourgeois, que vous vous abstiendriez cette année de dépenser l'ensemble du budget. Voilà la réflexion. Quant aux dépenses qualitatives en faveur de l'armée, si je juge moi-même de la qualité, je suis loin encore de la trouver, y compris pour les années à venir.

Venons-en à la présentation de ma proposition de minorité. Celle-ci vise à biffer la protection corporelle balistique dans l'achat de matériel. Pourquoi? D'abord, parce que cette réflexion a été entamée au Conseil des Etats. Le Conseil des Etats, la chambre des sages, a dit, à juste titre: on nous demande d'acheter des protections balistiques pouvant parer à des attaques de fusils d'assaut pour l'ensemble du corps de l'armée, soit 115[NB]000 vestes avec protection balistique, ce qui n'est pas réaliste et ne correspond pas aux réels besoins; soyons économes, intelligents et raisonnables et, dans ce sens, limitons le nombre de protections balistiques et réservons-les aux militaires qui en ont réellement besoin. Je rappelle que, parmi ces 115[NB]000 vestes, il y a 15[NB]000 équipements qui sont en réserve, qui seront dans des réduits, qui ne seront peut-être jamais utilisés et 35[NB]000 qui sont en réserve au cas où on aurait une mobilisation d'urgence et, en dix jours, on devrait mobiliser 35[NB]000 hommes. Je me réjouis qu'on me donne la date à laquelle cet événement arrivera. En tout cas, si je me base sur le rapport sur la sécurité qui ne reconnaît pas d'ennemis à la Suisse, on voit mal que cela puisse arriver dans un laps de temps raisonnable. Dans ce sens, le Conseil des Etats a dit: "On n'a pas besoin que chaque personne qui est derrière un fourneau ou un ordinateur ait une veste, donc, on coupe de moitié."

Ma proposition de minorité vise à supprimer complètement cet élément. Pourquoi? Pour créer une divergence avec le Conseil des Etats et pour remettre l'ouvrage sur le métier, parce que l'on estime que la réflexion n'est pas aboutie. On estime, en effet, que l'on n'a pas analysé précisément le besoin et que l'on ne peut pas, aléatoirement, dire que l'on coupe de moitié. Il faut analyser le besoin et se limiter au strict minimum.

Concernant les protections corporelles au sein de la police, j'en profite pour répondre à ce qui a été dit tout à l'heure par Monsieur Golay. L'exemple qui avait été donné en commission était celui de la police de Zurich. Evidemment, toutes les personnes qui sont sur le terrain bénéficient d'une protection. Cela va de soi, on doit protéger nos employés dans l'exercice de leurs fonctions. En revanche, ceux qui ne se trouvent pas sur le terrain n'ont pas nécessairement une protection mais peuvent en obtenir une s'ils en font expressément la demande, ce qui, souvent, n'est pas le cas.

Dans ce sens, ce qu'on vous propose, c'est de remettre l'ouvrage sur le métier, d'entamer cette discussion avec beaucoup plus de sérieux parce que, comme cela a été dit, ce n'est pas parce que l'on dépense énormément que l'on peut se permettre de faire des fautes dans les détails.

Je vous remercie de soutenir ma proposition de minorité.