Lexipedia

Hêche Claude · Ständerat · 2018-12-06

Hêche Claude · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-12-06

Wortprotokoll

Monsieur le conseiller fédéral, vous me permettrez de vous citer: l'adoption de la motion "ne préjugerait pas, du point de vue du Conseil fédéral, de la suite de la procédure. Son acceptation ne remet pas en cause la stratégie du Conseil fédéral consistant à présenter un arrêté de planification élargi. Un rejet de la motion n'empêcherait toutefois pas non plus le Conseil fédéral de poursuivre le processus."

Je vous le concède: tout n'est pas très simple pour vous dans ces dossiers. J'utilise volontairement le pluriel, puisque les questions qui se posent concernent les avions de combat et le système de défense sol-air. Mais ce qui me paraît fondamental, c'est que la population, avant de s'exprimer, doit préalablement connaître la position du Parlement.

Donc, en résumé, si on accepte, cela ne change rien; si on refuse, cela ne change rien. Est-ce bien de cela que l'on parle? Chères et chers collègues, je vous propose de faire simple et de refuser la motion et, en bonus, on évite de voter sur quelque chose qui me paraît inutile.

Dans le respect attendu de notre démocratie, il est primordial que la population se prononce sur ce sujet, ce d'autant plus qu'elle a déjà mis son veto, et je crois véritablement - du moins je l'espère profondément - que personne ne conteste le droit du peuple à se déterminer sur cet élément fort de l'avenir de la protection aérienne. Mais toujours par respect pour notre démocratie, sollicitons la population au bon moment. Nous devons assumer notre part de responsabilité et dégrossir, affiner le dossier. Poser la question au peuple alors que l'on ne sait ni quoi ni comment, c'est aller un peu vite en besogne. Les Chambres fédérales doivent assumer leurs tâches et donner un visage à la défense aérienne, en examinant les questions du nombre d'avions et des investissements financiers.

Poser la question de principe de savoir si l'armée doit disposer de Forces aériennes opérationnelles dotées d'avions de combat modernes, c'est un peu une question rhétorique qui n'appelle pas vraiment de réponse. Connaissez-vous quelqu'un qui voudrait des Forces aériennes qui ne soient pas opérationnelles, dotées d'avions de combat qui ne soient pas modernes? C'est un peu comme si on vous demandait si vous voulez une voiture qui roule. De plus, je maintiens que c'est un mauvais signal envoyé à la population.

Le travail parlementaire ne doit pas être sous-estimé. Notre responsabilité est de déterminer si l'arrêté de planification doit porter sur un paquet - nouveaux avions et système de défense sol-air - ou uniquement sur les avions de combat. Il est aussi de la responsabilité du Parlement de décider si l'arrêté doit préciser le nombre d'avions de combat. De plus, notre Parlement doit clairement préciser l'enveloppe financière qu'il souhaite aussi engager dans ce dossier. Et ceci me paraît, je le répète, fondamental.

Pour ces quelques raisons, je vous invite à rejeter la motion qui nous est soumise.