Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2019-06-13
Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2019-06-13
Wortprotokoll
Un compromis est une solution qui ne satisfait, en général, aucune des parties. Dès lors que l'on ne répond à aucune des deux demandes complètement, on fait - forcément - deux camps frustrés. Mais nous devons tous prendre de la hauteur et voir l'intérêt de notre pays, de notre économie et aussi des plus pauvres.
C'est dans ce sens que plusieurs voix modérées des milieux de l'économie se sont exprimées en faveur d'un contre-projet indirect. Certes, ce contre-projet indirect issu de notre commission pose des problèmes et nécessiterait des corrections que le Conseil des Etats pourrait apporter. Je n'ai aucun doute que nos collègues les feront, et, au final, si ce contre-projet indirect ne vous convenait pas, vous pourriez toujours dire non au vote final. Vouloir soumettre l'initiative en votation sans contre-projet est très risqué. La campagne précédant la votation fera beaucoup de dégâts d'image dans les deux camps. Personne n'a intérêt à ce qu'un tel combat soit livré.
C'est pourquoi je lance un appel aux initiants, qui n'ont pas montré une grande ouverture d'esprit dans le but de trouver un compromis: en gros, c'est ce contre-projet-là ou rien. Ce n'est pas comme cela que l'on fera avancer la cause. Vous devez aussi entendre les inquiétudes légitimes de l'économie.
Concernant la minorité II (Flach), si vous ne voulez pas d'un contre-projet indirect alors soutenez au moins un contre-projet direct. L'initiative va clairement trop loin. Elle sera inapplicable et ne fera que pénaliser notre économie qui sera la seule au monde à être soumise à de telles restrictions. Il est important de proposer un contre-projet direct qui respecte l'esprit des initiants, mais qui sera également praticable pour notre économie.
L'initiative a des relents de néocolonialisme très désagréables. S'il relève du bon sens que nos entreprises respectent les droits humains et certaines normes environnementales aussi à l'étranger, il est aussi évident que nos entreprises ne peuvent pas imposer un mode de vie aux populations locales. Le monde n'est pas noir ou blanc. Il n'y a pas d'un côté les méchantes multinationales et de l'autre les gentilles ONG. Le monde est plus complexe que cela. Lors de mes multiples voyages en Afrique, j'ai vu de nombreux projets de multinationales participer au développement des communautés locales, mais j'ai vu aussi des ONG qui ont finalement fait plus de mal que de bien.
Le groupe vert'libéral préfère clairement un contre-projet indirect à l'initiative "Entreprises responsables - pour protéger l'être humain et l'environnement", mais si vous n'entrez pas en matière sur le contre-projet proposé par la majorité de la commission, alors soutenez au moins la minorité II (Flach).